Ascension métallique

Publié le par Guillaume

Au terme d'une traversée de Paris par le plus court chemin : Notre-Dame, Sainte Chapelle, Louvre, Tuileries, Concorde, la belle émergea enfin d'entre les platanes qui font grise mine, tout éprouvés par l'automne. Phallus métallique, symbole fécond de la capitale, elle était là, identique à elle-même, fièrement dressée vers l'azur. Sa grandeur et son élégance en imposent un peu plus à chaque pas. Pour peu que la tête soit levée, le torticoli guette. D'innombrables touristes commentent la chose dans un nombre incalculables de langues, tout en piétinant dans d'interminables queues qui, au final, finissent par converger vers les hauteurs.

Plus de six cents marches au cœur d'une structure métallique. Sorte de cage géante. Assez moche, somme toute. Des bouts d'acier rivetés les uns aux autres, le tout peint en marron, pas de quoi fouetter un pigeon. Si encore ils peignaient tout ça en rose bonbon ! Mais non, un vulgaire marron militaire. Genre char d'assaut. Et pourtant, le tout est élégant, élancé, esthétique. Beau, quoi.

 

 

Ascension du pilier sud-ouest. Marche après marche, chaque pas permet de s'élever un peu plus au sein de l'immense structure. Pour déboucher au premier étage. Puis au second. De là, coucher de Soleil sur la ville. Un horizon empilé de petits parallélépipèdes de béton dont les dimensions prennent tout leur relief dans la lumière rasante de cette fin de journée. Un fin croissant de Lune fleurte déjà avec Vénus, dans les couleurs rougeâtres du couchant. À l'opposé, au-dessus de l'horizon est, c'est le tremblant rougeoiement marsien qui s'élève rapidement. La Tour Eiffel entourée de son cortège de planètes.

Le troisième étage n'est pas atteint sans difficulté : queue. Grosse queue, dans le vent frisquet du crépuscule. Puis ascenseur, pas le choix. Et là, deux cents mètres de dénivelés d'un coup. Hop. Au centre d'une cage dorée. La Tour Eiffel s'éclaire et se pare de cette douce lumière orangeâtre qui fait son indéniable charme noctambule.

 


 

Troisième étage dans la nuit. Un pseudo-phare s'évertue d'éclairer un horizon impossible. Paris brille de mille feux à perte de vue. La ville a perdu sa dimension verticale. Scintillante platitude infinie.

 


 

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sel 28/05/2009 15:00

J'aime en particulier la 2e photo : elle est belle comme tout, on voit bien le côté élancé dont tu parles dans la note. Suis dégouttée de ne pas avoir pensé à la prendre moi-même;)

Guillaume 29/05/2009 10:53


Pas de panique, la Tour Eiffel reste là... La prochaine fois, avec d'autres invités :-)


Dolce 11/11/2005 17:22

Vue comme ca, on se dit que Gustave Eiffel avait un certain complexe phalique...

Stéph 09/11/2005 19:08

ui, très belles ces photos !!

civetta 09/11/2005 18:25

wouahou!! complimenti pour les photos! c'est top!