Réchauffement climatique : pire que prévu ?

Publié le par Guillaume

La revue de presse « Terre » du magazine La Recherche de Juillet-Août 2007 est quelque peu déprimante.

Les émissions de CO2 s'envolent...

Depuis 2002 les émissions de CO2 augmentent plus vite dans l'atmosphère que ne le prévoyait le pire des scénarios du GIEC, ce groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat chargé d'étudier le réchauffement climatique et d'en prévoir les conséquences. C'est une équipe de chercheurs internationaux, dirigée par l'autralien Michael Raupach qui fait ce triste constat. La faute à qui ? La faute au « rendement carbone » de la croissance économique mondiale, paramètre qui correspond à la quantité de CO2 fossile rejeté par un pays pour produire un point de croissance supplémentaire (soit une unité de PIB). Ce rendement a cru jusqu'à la fin des années 1990, et depuis, il décroît. En cause les absences d'avancées techologiques majeures et le recours toujours croissant au charbon dans les pays émergents...

L'océan sature... 

Corinne Le Quéré et ses collègues estiment que la capacité de l'océan Austral à absorber le CO2 de l'atmosphère sature. Il n'en peu plus. Les activités humaines ont induit ces dernières années un changement dans le régime dépressionnaire des quarantième hurlants et des cinquantième rugissants, le déplaçant plus vers le sud. Le brassage des eaux océaniques s'en trouve modifié, et les eaux profondes, riches en CO2 se retrouvent en surface, qui devient ainsi saturée... Et si la capacité des océans à absorber le CO2 de l'atmosphère diminue, voire s'inverse, la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère augmentera d'autant, ce qui risque de pulvériser le triste record observé ci-dessus...

La calotte arctique fond plus vite !

Une équipe d'américains, dirigée par Julienne Stroeve, montre que l'extension minimale des glaces autour du pôle nord, mesurée en septembre chaque année, se réduit plus rapidement que prévue. Nager au pôle en été pourrait pouvoir se faire beaucoup plus rapidement que prévu...

Morne retour de vacances !


L'avenir n'est pas rose. Et comme si cet été parisien se voulait faire figure d'exception à la règle, l'avenir risque d'être chaud. Plus chaud que prévu ? D'autant plus que j'ai de plus en plus le sentiment que vouloir changer notre façon de vivre « à l'occidentale » est complètement utopique. Il y a bien quelques « illuminés » qui ont troqué leur voiture contre une bicyclette pour aller bosser (et ceux qui n'ont jamais eu de voiture !), ceux qui ont décidé de ne plus jamais prendre l'avion, ceux qui vont se chauffer au bois au solaire au géothermique, ceux qui ne consomment que des produits provenant de chez leur voisin agriculteur bio. Certes, il y a ceux-là. Et puis il y a tous les autres. Nous tous. Moi le premier. Comment résister à l'attraction d'aller découvrir de lointaines contrées seulement accessibles en avion ? Comment éviter de prendre la voiture pour aller bosser quand il pleut sans arrêt et qu'on a en plus trois-quart d'heure de RER pour y aller ? Comment acheter des produits bio et durables sans passer ses journées à arpenter (en vélo, hein !) les petits producteurs pour récupérer des carottes d'un côté, des tomates de l'autre et des pêches encore ailleurs ? Comment se chauffer au bois en plein cœur de Paris, ou au solaire, toujours à Paris où la grisaille ambiante n'offre pas un rendement photovoltaïque mirobolant ?

Yan Giezendanner, météorologue, le routeur des cîmes, est réaliste dans son interview à kairn.com : « [Le réchauffement climatique] Réalité ! Qui va changer son mode de vie afin de réduire le C02 en passant par une révolution ? C'est bien d'aller bosser en vélo mais cela me fait sourire. Moi-même je roule en grosse voiture, je me chauffe l'hiver à 22° et je prends mon bain chaud tous les jours. Combien de réserve de pétrole ? Tout le monde ment ! Comment dire aux Chinois ou indiens qu'ils doivent moins consommer ? Une fois les énergies fossiles épuisées, les autres sources d'énergies déjà présentes arriveront sur le marché. Autre considération : nous sommes trop nombreux sur cette planète, les mauvaises conditions de vie climatiques réduiront lentement la population mondiale. » C'est en lisant cette interview que je me suis rendu compte qu'il fallait absolument trouver un autre moyen de lutte contre l'effet de serre galopant : changer la façon de vie de centaines de millions d'occidentaux est tout simplement utopique — impossible, et vouloir que les pays émergent ne passent pas par la case « je fais pareil » l'est aussi. Il faut trouver autre chose.

Tout un chacun discute de ce réchauffement, en discourt, c'est à la mode — on le vit, même, ça commence. On en disserte, on va au ciné voir des films dessus, on lit des livres, on se documente, ça fait bien dans les salons (et sur la liste de diffusion du GUMS !). Mais quand il s'agit de passer aux actions concrètes, y'a plus personne. Qui va partir arpenter les sommets himalayens en bicyclette quand on a un nombre de jours de vacances, peut-être parfois excessif, mais néanmoins limité ? Et pour aller dans les Andes, alors ? À la nage ? Et même dans les Alpes ? Je ne suis pas prêt à renoncer à mes week-ends en car-couchette qui polluent bien plus que celui ou celle qui rester sous la couette devant sa télé ! Et aller dans le Tessin en bicyclette en un week-end avec les skis, c'est pas gagné... Pas grand monde n'est réellement prêt à changer radicalement — puisque c'est de ça qu'il s'agit — de mode de vie. D'autant que ce n'est pas forcément facile, même si on le voulait ! L'écologie est globalement une affaire de riches...

La solution, si solution il y a, est ailleurs...

Même à plus grande échelle, à l'echelle industrielle, je me suis aperçu que ce n'était pas gagné : mardi dernier, sur France Inter, le Téléphone Sonne était consacré à l'énergie éolienne. Et bien l'éolien industriel, en France, on est pas prêt de le voir : de la façon dont les invités de chacun des bords (« pour » et « contre ») se sont étripés, on est bien loin d'avoir un parc éolien digne de ce nom... Ceci étant j'ai cru comprendre que pour supplanter la production d'électricité éolienne capricieuse, par définition, ils fallait des centrales thermiques. Et voilà, la boucle est bouclée, ça se mord la queue : des arguements écologiques font construire des parc éoliens, mais économiquement parlant, pour avoir un apport énergétique constant, il faut subvenir aux aléas par du thermique, pollueur. Où est le gain attendu ? Comme quoi, rien n'est simple en ce bas monde !

En attendant ne jetez pas votre imperméable ni votre maillot de bain, ils risquent de servir de plus en plus...

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civetta 23/08/2007 16:05

en tout cas, c'est bien triste que ceux qui se soucient de la planete passent encore pour des illuminés... ça fait pourtant 30 ans qu'on en parle, des pb ecologiques. Maintenant qu'on est au pied du mur, on dirait qu'il faut un mur encore plus haut pour reagir. Quand il sera trop haut (on n'en est pas loin) ben les illuminés, on leur reprochera peut etre de n'avoir rien fait, c'est ça?

Guillaume 23/08/2007 16:32

Ben oui c'est triste. Meme si ce sont eux qui ont raison. En plus la vie ecolo est plus saine a tous point de vue, alors...  D'un autre cote, l'aspect positif de la chose, c'est que le nombre d'illumes ecolo ne cessent d'augmenter. Meme s'ils sont encore ultra-minoritaires, c'est bien la preuve d'une prise de conscience, et peut-etre d'une amorce de tournant. Un jour, peut-etre, les illumines ce seront les conducteurs de 4x4...D'ailleurs meme le fait que la planete soit desormais au coeur des debats est bel et bien le reflet d'une societe qui commence a serieusement se poser la question de sa legitimite. Et avant d'agir, il faut prendre conscience de l'action a faire. Certes, il est tard. Peut-etre meme trop tard en ce qui concerne le rechauffement. Mais autant regarder ce que l'on peut faire pour l'avenir plutot que de s'apitoyer sur le passe. Car il est fort probable que le mur au pied duquel nous sommes soit deja trop haut...Je pense malgre tout que l'optimisme est de rigueur. Apres tout Cousteau faisait de la peche scientifique a la dynamite depuis sa Calypso dans les annees cinquante, ce qu'il montre avec delectation dans son film "Le monde du silence", palme d'or a Cannes en 1956. Le meme Cousteau qui est devenu ambassadeur de la planete par la suite... Que tout le monde prenait pour un gentil illumine a l'epoque, pour autant que je me souvienne. Desormais, ses successeurs, Nicolas Hulot et cie, sont au moins ecoutes par les politiques. C'est un grand pas en avant. 20 ans. Allez savoir ou nous en serons dans 20 ans ?Bon, aller, je vais m'allumer une petite flambee, parce que ca caille par ici...

civetta 23/08/2007 15:55

oui, c'est en effet dû aux insecticides; mais certains OGM seraient genetiquement modifiés pour integrer justement un insecticide (ou equivalent tueur d'insectes... lequel ne ferait pas la difference entre abeilles et vulgaires insectes). En tout cas,aux Etats-Unis, l'hecatombe a commencé

Guillaume 23/08/2007 16:16

C'est beau le progres ! Bon je ne mange plus que ce qui sort de mon jardin, moi. Enfin pour le moment, mures sauvages, noisettes sauvages et pommes a moitie sauvage. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir a ce regime. Sans compter que le champ de l'agriculteur voisin deverse des metres cubes de flotte a chaque pluie dans les pommiers. Allez savoir ce qu'il met dans ses champs, lui... Et ce que contient l'eau de pluie qui y ruisselle...Sinon il suffit de mettre des ruches a Paris, d'apres un pote apiculteur amateur dans la capitale, le miel parisien serait de toute premiere qualite !

civetta 23/08/2007 12:38

Oui, mais il y a pire: la disparition prévue des abeilles... Einstein disait que si les abeilles disparaissaient, les hommes n'auraient plus que 4 ans à vivre. Les abeilles sont indispensables à notre survie: or, elles sont en train de disparaitre aux Etats Unis. Alors....que ceux qui sont pour les OGM se levent en disant qu'ils sont aussi pour la disparition de l'espece humaine...

Guillaume 23/08/2007 13:34

Il est clair que si les abeilles disparaissent de la surface de la planete ce sera une catastrophe ecologique ; neanmoins je reste persuade que le rechauffement climatique causera bien plus de soucis a l'espece humaine que la disparition des abeilles... Par ailleurs Albert Einstein etait physicien, et non biologiste, de surcroit specialiste des abeilles. Je ne sais dans quel contexte il a dit ca, mais ce n'est probablement pas a prendre au pied de la lettre.De plus, d'apres ce que j'ai pu lire sur le web sur le sujet, la mortalite acceleree des abeilles n'a rien a voir avec les OGM, mais avec l'utilisation intensive des insecticides dans l'agriculture "traditionnelle". Il ne faut pas tout mettre sur le dos des OGM...