Les Grandes Jorasses au fil des mots

Publié le par Guillaume

La face nord des Grandes Jorasses fait partie de ces faces mythiques qui ont fait l'histoire de l'alpinisme. Je ne l'ai entr'aperçue, de loin, pour la première fois seulement récemment, depuis les Aiguilles Rouges cet hiver, depuis le sommet du Tour Noir au mois de juin. Si l'ascension du pilier Walker ne fait pas partie de mes projets, faute d'en avoir le niveau, en revanche, la face sud, la voie normale, un jour, sûrement... Mais je ne voudrais pas faire ici la liste des projets d'ascension qui me trottent dans la tête (à defaut de trotter sur les montagnes...), mais relater deux lectures récentes dont les Grandes Jorasses sont le personnage principal.

342 heures dans les Grandes Jorasses, de René Desmaison. René Desmaison dont j'ai appris la disparition, vendredi 28 septembre, happé non par la montagne, mais par une longue maladie, à l'âge de 77 ans. Dans ce livre, que je n'avais jamais lu, René Desmaison relate l'ouverture d'une voie dans la face nord des Grandes Jorasses, en hivernale, avec un jeune collègue guide, Serge Gousseault, en février 1971. Au terme de quelques jours de lutte dans la paroi, son compagnon de cordée montre des signes de faiblesse alarmants. Il mourra d'épuisement dans les bras de René Desmaison, juste sous le sommet de la Pointe Walker. Desmaison quant à lui sera sauvé in extremis grâce à l'audace d'un pilote d'hélicoptère. « La peur m'a fui. je ne vois plus le tragique du moment que nous vivons. Je me bats. Nous nous battons. Ceux qui espèrent se battent mieux que les autres. »

Un superbe récit comme l'alpinisme sait parfois en produire. Je n'ai pas d'autres mots pour décrire la force de ce texte, qui se dévore d'un bout à l'autre sans interruption : le lecteur reste suspendu dans le vide, accroché au même piton branlant que les protagonistes ! Un grand classique de la littérature d'alpinisme, assurément !

Et puis la semaine dernière je suis tombé sur Face nord, un petit roman de Jean-Marie Defossez. Pour fêter le bac, trois jeunes chamoniards décident d'aller faire un tour dans la face nord des Grandes Jorasses, comme d'autres décident de prendre leur première cuite. Deux garçons, une fille. Combien de possibilités ? « Personne ne peut prévoir commet finit une histoire d'amour. Surtout une histoire à quatre entre une fille, deux garçons et une montagne qui porte un nom aussi mordant que Grandes Jorasses. » En fait il s'agit là d'un roman d'ado (ben oui, ce n'est pas marqué en gros sur la couverture, mais on s'en aperçoit assez vite !), et si l'intrigue est parfois un peu tiré par les cheveux, l'ado peut-être attardé que je suis a finalement trouvé ces personnages attachants. D'autant que les descriptions et le vocabulaire technique sonnent juste, ce qui doit être l'unique exception dans ce genre littéraire ! Cela dure à peine le temps d'un aller-retour en RER, mais c'est néanmoins rafraîchissant. Je ne suis pas un grand spécialiste des romans pour la jeunesse, mais j'ai trouvé le style alerte, documenté ; l'histoire est loin d'être niaise comme je soupçonne être la plupart des romans pour ados...

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Cassandre 15/11/2007 04:30

J'en ai entendu parler, et effectivement, on l'avait doté d'une bonne critique. Toutefois, Harry Potter me suffit bien rayon lecture d'ado ;-)

Guillaume 15/11/2007 09:24

Ah, oui, tu en avais entendu parle ? C'est curieux, parce que moi non, je l'ai achete sur un site en ligne attire par le titre et le synopsis...Quant a Harry Potter, faut que je m'y mette :-)