Rédemption : deux films

Publié le par Guillaume

Match point

Le dernier Woody (Allen). Ça passait pas très loin de chez moi, samedi dernier. Et comme un Woody, je sais que je peux y aller les yeux fermés, ainsi fut fait. Je ne savais même pas de quoi ça parlait. Je n'ai pas été déçu. Bien qu'il s'agisse d'un Woody qui ne ressemble pas aux autres Woody (tout au moins aux autres Woody que j'ai vu, dans lesquels il joue souvent dedans, souvent à faire le pitre dans ses interrogations existentielles, tout en séduisant toutes les belles nanas de passage dans son entourage). Déjà, pas de Woody-acteur dans celui-là. D'ailleurs on n'y rigole pas beaucoup. Voire pas du tout. Ce n'est pas vraiment une comédie, ce qui est assez inhabituel chez Woody.

Ça raconte l'histoire d'un ex-joueur de tennis, qui s'immiscie dans la haute société britannique par l'intermédiaire de cours de tennis, puis de son amitié avec un jeune aristo, puis de son mariage avec la sœur de ce dernier. Oui mais. Le beau ex-joueur de tennis en pince pas mal pour la blonde (pulpeuse, faut dire), fiancée de son beau-frère (faut dire que n'importe quel mâle se damnerait pour la belle Scarlett Johansson... Déjà dans Girl with a pearl earing, puis dans Lost in translation ; d'ailleurs les mâles de ces films, quelque soit leur âge, ne s'y trompent pas, ils succombent. Dans The horse whisperer, elle était trop jeune...). Bref, ça fornique partout, ça trompe allègrement, et accessoirement, ça flingue, quand les ennuis commencent.

Un Woody bien noir, une fois n'est pas coutume. Il joue avec ses personnages, comme à l'accoutumé, et avec le destin, cette fois. Il en rigole du destin. Peu lui importe que le méchant ne soit pas puni le moins du monde, au contraire, après quelques larmes de rédemptrices, sa petite vie d'aristo continue tranquillement, avec son pognon (à choisir entre le pognon et l'amour, je n'aurais pas hésité. Lui non plus !), sa belle vie, sa petite femme enfin enceinte, et tout et tout. C'est beau d'être aristo.

Et pourtant, ce film est absolument génial. On imagine Woody derrière sa caméra, en manipulateur cynique de destins, et alors lui, que va-t-il advenir de lui ? Bref, on ne s'ennuit pas une seconde, les aristo sont beaux, Woody les film en maître, l'histoire se noue à l'insu de tout ce beau monde, pour notre plus grand régal de spectateur-voyeur. Un grand Woody !

Trois enterrements

Et là, je viens d'aller voir Trois enterrements, le premier film de Tommy Lee Jones réalisateur. Un western. Un nouveau genre de western. Le meutre accidentel d'un clandestin mexicain, au Texas, l'amitié pour cet homme du contremaître du ranch d'un patelin paumé proche de la frontière, un jeune flic de la police des frontières fraîchement muté, le meurtrier, un sale con : « this son of a bitch is beyond redemption » dixit sa jeune femme dont la beauté n'a d'égal que la perdition du lieu. Qui sait ? Et la promesse de l'ami du mort d'aller l'enterrer dans son patelin, au Mexique. Les ingrédients. Et notre cow-boy de prendre notre flic par le paletot pour l'emmener enterrer le pauvre bougre là-bas. Un voyage pour le moins rédempteur, celui-là. Et le jeune con, va, cette fois-ci, payer chacune de ses mauvaises actions : sa femme se barre (enfin !), la jolie mexicaine dont il a pété le nez lors d'une intervention (trop) musclée contre des clandestins, pourra se venger à coup de cafetière... Même un serpent se mêle de venger le monde des méchancetés du bonhomme !

Un excellent film, avec un Tommy Lee Jones superbe en vieux cow-boy. Des images magnifiques. Des personnages hauts en couleur. Un film rafraîchissant, et à la morale saine et sauve. Ouf. Tommy Lee Jones a largement gagné ses galons de metteur en scène.

Deux films, deux époques, deux mondes, deux fins, l'autre rattrape la morale décadente de l'un. À voir tous les deux. Pas forcément dans cet ordre, pas forcément ensemble. Moi, j'ai pas fait exprès, ça s'est trouvé comme ça...

Publié dans cinéma

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Dolce 29/11/2005 19:28

Oualala j'ai du retard en matiere de cinema ! Mes derniers films etaient Capote et Wallace et Groomit avec the Were Rabbit...

Guillaume 28/11/2005 11:05

Bah, en tout cas y'a des cow-boys, y'a des mexicains, y'a des flingues, y'a des chevaux, y'a du desert, du sable, des mecs mal rases, pas rases du tout... Bon, c'est pas le grand ouest, certes, plutot le sud-ouest. Maintenant ca depend ce que l'on entend par western (y'a pas John Wayne, ni Clint Eastwood, y'a pas d'indien ni de plumes, y'a pas de duel-ou-les-deux-se-regardent-dans-les-yeux-au milieu-de-la place-du-village, mais bon...)

Guillaume

Peggy 28/11/2005 10:17

Beuh....j'ai lu une interview de Tommy Lee Jones dans lequel il dit que son film n'est surtout pas un western....à ma grande déception, moi qui suis une barge du Western.....alors quoi?

stéph 27/11/2005 23:51

j'ai vu le Woody, que j'ia vraiment bcp aimé. Il fait pas mal cogité je trouve... beaucoup de choses. Et hâte de voir le Tommy Lee Jones !!!