La comète Holmes

Publié le par Guillaume

Parfois les cieux nous réservent de belles surprises sous la forme de curiosités célestes inattendues. Ainsi en est-il de la comète Holmes, qui deffraye la chronique astronomique depuis une quinzaine de jours. Elle qui était juste-là une comète sans histoire, orbitant autour du Soleil en sept années, en étant visible qu'à l'aide de gros télescopes, voilà-t-il pas que son éclat a brusquement augmenté pour devenir visible à l'œil nu en l'espace d'une journée ! En l'espace de quelques heures son éclat a augmenté d'un facteur 100 000...

Je n'ai appris la chose qu'à mon retour de la Sainte Victoire, je l'ai donc loupé là-bas. À Paris, il fallait tomber sur une nuit sans nuages pour profiter du spectacle. Ou bien sur un trou dans la couche nuageuse. Ainsi fut fait hier soir. Minuit. Je lève la tête, les nuages se sont momentanément dissipés autour du zénith. Les étoiles brillent. Je repère Cassiopée, et dans le prolongement, Persée. Et là, là, formant un triangle isocèle avec deux étoiles brillantes de cette constellation, exactement au-dessus de ma tête, une petite tâche cotonneuse, petit point laiteux, minuscule nuage circulaire, elle était là. Comme une étoile un peu floue au milieu de ses congénères à l'éclat bien piqué. L'émotion est là. On se sent petit, devant tout ça. Petit et humble.

Ce n'est pas courant de voir une comète à l'œil nu — surtout à Paris intra-muros ! —, il faut savoir profiter de ces petits instants magiques que la nature sait si bien nous offrir.

Mais une comète, qu'est-ce c'est ? Une comète, c'est une boule de glace, glace d'eau, glace de monoxyde et dioxyde de carbone qui provient des confins du système solaire, résidu probable de la formation de notre système planétaire il y a 4.6 milliards d'années. Boule de glace sale, qui contient des poussières, bouts de météorites. Parfois dérangée dans sa quiétude lointaine et glaciale par quelque perturbateur, une comète « tombe » vers le centre du Système Solaire, le Soleil. Capturé par celui-ci, elle se met alors à lui tourner autour, dans une frénétique valse réglée par la musique gravitationnelle, au même titre que les planètes ou les astéroïdes.

Si son orbite est telle qu'elle parvient à s'approcher suffisamment de notre étoile, le rayonnement de cette dernière devient plus intense et parvient faire fondre notre boule de glace qui se « sublime » : dans le vide interplanétaire, la glace se transforme directement en vapeur sans passer par la case « liquide ». Le rayonnement ultra-violet de l'astre stellaire va rapidement briser les molécules de vapeur — les ioniser —, ce qui va provoquer une émission de lumière. Cette émission de lumière va ainsi illuminer la couronne de gaz qui entoure notre boule de neige sale. Et la rendre visible, telle une vaste chevelure chevauchant dans le vide spatial. D'ailleurs comète, en grec, signifie « astre chevelu »...

Au fur et à mesure que la comète s'approche du Soleil, la sublimation de son noyau s'intensifie, la chevelure grandit. Là, les petits grains de lumière émis par le Soleil, photons de leur état, vont rencontrer les petits grains de poussières libérés de leur gangue de glace et les pousser au loin : la comète se pare alors d'une belle queue, dans une direction opposée au Soleil, un peu comme son ombre. Ainsi quand notre astre chevelu s'approche du Soleil, sa queue flotte derrière elle, quand elle s'en éloigne, elle se marche sur la queue ! Outre la queue de poussière, qui peut être courbée, une comète possède une queue ionique, rectiligne, composée d'un plasma, gaz d'atomes ionisés. Cette dernière est la conséquence du vent solaire, ce flot de particules chargées qui s'échappe radialement du Soleil pour venir fabriquer les aurores boréales (et australes) sur Terre, ou mettre des queues aux comètes...

La taille du noyau « dur » d'une cométe varie de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres. Sa chevelure s'étend sur quelques cinquantaines de milliers de kilomètres ; sa queue peut avoir des dimensions considérables, de plusieurs milliards de kilomètres.

Les comètes intéressent beaucoup les astronomes puisqu'ils peuvent, en étudiant leur composition, mieux comprendre comment le Système Solaire s'est formé. D'ailleurs la nouvelle mode, c'est d'envoyer des trucs se crasher sur des comètes. Pour voir comment ça fait ! Les astronomes sont joueurs, parfois...

Mais revenons à notre comète. Holmes. Edwin Holmes. Astronome anglais, qui découvrit cette comète le 6 novembre 1892 à Londres ; la postérité donna son nom à la comète, comme il se doit. Dans sa course autour du Soleil réglée comme une horloge par les lois de la gravitation elle en est passée au plus près en mai dernier, à 325 millions de kilomètres dans l'indifférence générale. Actuellement elle s'en éloigne et se trouve à 365 millions de kilomètres. Désormais, c'est une star ! Comme quoi, il suffit de briller pour attirer l'attention...

Il est fréquent qu'une comète change d'éclat par rapport aux prévisions. En effet, la rotation d'un noyau patatoïdal, la présence d'une crouche superficielle,... peuvent altérer le dégazage, et donc la luminosité de la comète. En revanche il est particulièrement rare d'observer un sursaut de l'éclat d'une comète aussi important que celui qui est observé sur la comète Holmes. Les observations sont en cours et devraient permettre aux Sherlock astronomes d'élucider ce nouveau mystère cosmique...

Quelques liens :
- les premiers résultats (observatoire de Paris) ;
- comment repérer la comète ?
- des photos de la comète Holmes.

Publié dans science

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Elenachacha 11/01/2008 08:03

Félicitations votre blog est sélectionné pour une demande d'inscription dans la communauté ciel et passions d'overblog il vous suffit d'utiliser ce lien à bientôthttp://www.over-blog.com/com-1026559459/Ciel_et_passions.html

Cassandre 15/11/2007 04:53

Bon... loupée ici aussi, ça m'apprendra à prendre du retard sur ton blog ! ^^"

Guillaume 15/11/2007 09:33

Oh, ben, je suppose que la-dite comete doit toujours etre dans le ciel, et visible de surcroit !