Silence !

Publié le par Guillaume

Je trouve que notre société, source de bien des maux, si elle commence à prendre conscience de son impact néfaste sur l'environnement naturel et sur la planète de manière générale, en oublie d'autres, de maux, plus discrets, mais qui pourrissent la vie de bon nombres d'espèces animales, à commencer par la notre. Je reviendrais ultérieurement sur la pollution lumineuse, et voudrais maintenant m'étendre un peu sur la pollution sonore. Le bruit.

Je suis très sensible au bruit. La ville m'indispose, entre autre, par son absence de silence. L'appart où je vivais à Padoue n'était pas du tout insonorisé, ce qui me causait quelques souffrances, absence de repos réparateur entre autre... Du moins au début. L'humain finit par s'habituer à beaucoup de chose. N'empêche que j'ai quand même remarqué que mon sommeil était bien plus réparateur dans un environnement silencieux (en montagne, par exemple) que dans le bruit tel qu'il se décline en ville, en l'occurence. Il n'y a pas que ça. Je me souviens d'une balade en VTT, en Italie, dans les collines qui se trouvent au milieu de la plaine, à 15 kilomètres de Padoue. J'étais au sommet de l'une d'entre elles, au beau milieu de la verdure, accessible seulement par un sentier un peu raide (d'ailleurs j'avais porté la bécane). De mon perchoir improvisé, je dominais la plaine, et son activité dominicale me parvenait sous forme de bruits : ici le vrombissement d'une moto, là c'était une tronçonneuse... sur fond sonore de voitures, et de tous les bruits de la civilisation. Je m'imaginais à la même place, quelques siècles auparavant, seulement dérangé, peut-être, par le cocorico d'un coq... Les temps changent.

Le pire ce sont ces motos au vrombissement assourdissant. Et le pire ce sont ces motos au vrombissement assourdissant sur les routes des cols de montagne. D'autant plus que ce genre de machine semble avoir l'instinct grégaire, et ce n'est généralement pas une moto que l'on croise lors d'une belle journée estivale, mais dix, vingt, trente... On les entends vrombir encore alors que l'on est à plus de trois heures de marche de la moindre route asphaltée... Ceci étant le vrombissement d'une moto en ville est tout autant insupportable, et dérange certainement bien plus de gens. Pourquoi faire autant de bruit ? Et les scooters et autre vespa en ville : quelle plaie en Italie. Les ados se font un malin plaisir a démarrer leur engin en plein milieu de la nuit. Ca fait un de ces boucans ! Qu'il fasse nuit ou jour, d'ailleurs. Le bruit est-il nécessaire à l'avancee de la machine ? Après tout, chacun sait que si une autoroute est bruyante ce n'est pas à cause du bruit des moteurs, mais avant tout à cause du frottement des pneus sur la chaussée... Un train est bruyant à cause du frottement des roues sur les rails. Pourquoi les deux roues à moteur sont-ils plus bruyants qu'une voiture ou un train ? Le bruit de la civilisation, que l'on est obligé d'accepter : qui ne produit pas de bruit, de nos jours... ? Mais doit-on vraiment accepter ça ?

Et en montagne ? Dernier refuge quelque peu sauvage dans nos contrées ravagées par la civilisation, ne pourrait-on pas y préserver quelque peu le silence ? Or de plus en plus de Mad-Max de bazar envahissent ce dernier havre de paix avec leurs machines assourdissantes. Une fois, en rando, je suis tombé sur un troupeau de 4x4 sur un sentier dans une forêt. Ils étaient en train de s'amuser a se treuiller en s'aidant des arbres. Quelques-uns de ces gros lards (pourquoi les amateurs de 4x4 sont-ils souvent obèses ?) m'ont sifflé un « bonjour ! » avec toute la fierté de leur bêtise retentissante. Je n'ai rien répondu sur le coup, encore sous le choc. J'aurais dû répondre quelquechose comme « Oui, ça l'était, avant de vous rencontrer, un bon jour ! » mais j'y ai pensé trop tard. Manque de répartie... Il y a aussi ces « quads » qui commencent d'envahir les chemins de forêt et de montagne, au mépris de la faune et des randonneurs. Parfois dans l'illégalité, dès qu'ils quittent les chemins. Mais qui s'en soucie ? Sans compter bien entendu, les remontés mécaniques des stations de ski, bruyantes, mais là encore, que faire ? Après tout, une station de ski, c'est désormais la ville à la montagne. Il y a même des journées gratuites pour les femmes, comme en boîte, et de la musique (que l'on apprécie ou pas, on nous demande pas notre avis) dispensée sur les pistes ! Skier en musique : quel progrès !

La prolifération d'engins motorisés en montagne, 4x4, motos, et autres quads, est un véritable problème environnemental. Ces loisirs pèsent lourd sur les écosystèmes fragiles. Ces engins dégradent les chemins, saccagent la végétation, dérangent la faune sauvage ou d'élevage, et en plus consomme un max de carburant, ce qui entraîne les conséquences que l'on sait sur l'effet de serre. Non ! Cela ne peut plus durer...

D'ailleurs Moutain Wilderness lutte contre tout ça. Manifestations contre la croisière blanche, contre les rassemblements de quads... Tant de bruit pour le divertissement d'une poignée. Que de bruit génère toute cette ferraille à moteur... Et les marmottes, alors ?

Aujourd'hui c'est la Fédération Française des Clubs Alpin et de Montagne qui lance une pétition et un message d'alerte : « Loisirs motorisés : pour l'application de la loi »


Que faire en cas de « mauvaise » rencontre sur le terrain ?

Voici les conseils de MW :

Ne partez plus en randonnée sans un appareil photo et de quoi prendre des notes.
1) Prenez des photos convaincantes (les photos styles « OVNI » ne sont d'aucune utilité) ;
2) Notez avec précision le lieu, la date, le jour et l'heure de l'observation du ou des monstres, son immatriculation éventuelle, et l'identité des témoins ;
3) Rédigez votre témoignage à votre retour ;
4) Envoyez ces documents à MW, qui portera plainte si les éléments le permettent.

En effet, il existe une loi, qui règlemente la circulation des véhicules terrestres à moteur dans les espaces naturels, et qui interdit la pratique du tout-terrain motorisé en dehors des voies et chemins. Ceci dans le but de protéger les espaces naturels, d'éviter les troubles causés aux autres utilisateurs du milieu (agriculteurs, résidents, randonneurs), et de moraliser la fréquentation des espaces naturels...

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civetta 22/12/2005 10:31

ben moi a l'instant y a la propreté de Toulouse qui nettoie le quartier de ses feuilles mortes: eh ben, cet aspirateur à feuilles mortes, ça fait 3h qu'il casse les oreilles à tout le quartier pour trois miserables feuilles mortes. On dirait qu'il rasent un immeuble, tellement que ça produit des decibels...

Guillaume 20/12/2005 15:56

Je ne suis pas sur que la situation soit meilleure a l'etranger, surtout aux Etats-Unis. Apres tout c'est un pays champion en terme d'utilisation de 4x4 et autre pick-ups... Evidemment, quand tu te balades dans les parc nationaux, tout a l'air "normal", car tout est effectivement tres surveille. Mais c'est pareil en France : dans les parc nationaux, les VTT, les chiens... sont interdis, alors a fortiori les engins a moteur. Et il y a des gardes pour faire respecter la loi. Le probleme est en dehors des parcs. En France comme ailleurs. Difficile de mettre un flic sur chaque sentier !

Guillaume

c_b 18/12/2005 19:20

je me pose une question
le non respect de cette loi,
etat d'esprit individuel?,
culturel?
manque d'information?,
( panneaux ect.. )
que font les autorités compétantes ds ce domaine sur le terrain?
manque de moyen sur le terrain?
(surveillance ect..)
je me suis pas trouver confronter à cette situation, peut être parce que je pars + à l'étranger pour mes randos...

pour exemple: ds les parc aux USA , tu as l'impression d'être "surveiller", par moment, mais pour la faune et la flore, c'est positif...