La saveur de la pastèque

Publié le par Guillaume

Un des petits plaisirs de la vie parisienne (quand même, il en faut), c'est de pouvoir aller au cinéma dans des salles d'art et essai pour voir des films en VO (j'avoue que les quelques films, français en l'occurrence, que j'ai vu en Italie, systématiquement doublés en italien me sont restés un peu en travers de la gorge). Ici j'ai même choisi mon appart à proximité de mon cinéma préféré (ce ne fut pas l'unique raison, quand même), qui n'est pas à Paris, mais à Orsay : le cinéma Jacques Tati !

Bref, ceci étant, hier soir je suis allé voir « la saveur de la pastèque », qui avait une bonne critique sur Première, et une autre pas terrible sur Télérama. Si Première a aimé c'est probablement grâce à quelques scénes de sexe à caractère (un peu) pornographique. Si Télérama n'a pas aimé, c'est probablement à cause de quelques scénes de sexe à caractère (un peu) pornographique. Bref, fallait que j'aille voir. Pas forcément à cause des quelques scènes de sexe, quoique, mais aussi parce que j'ai une tendance à beaucoup apprécier le cinéma asiatique contemporain (j'ai découvert le réalisateur coréen Kim Ki-Duk l'année dernière, j'avais adoré « à la verticale de l'été » du vietnamien Tran Anh Hung, il y a bien sûr Wong Kar-Wai, etc, etc...), en général, c'est assez lent (sauf dans les films de John Woo), ça plane pas mal (sauf dans les films de John Woo), il y a peu de dialogues, tout est dans l'image et le son. Cette histoire de pastèques taïwannaises de Tsai Ming-liang ne déroge pas à la règle.

Taïwan. Une sécheresse inhabituelle, une chaleur à crever. Tout le monde bouffe de la pastèque, parce que ça coûte moins cher que de boire de l'eau. Une histoire entre une ravissante demoiselle solitaire, qui va piquer de l'eau dans les toilettes publique pour la stocker dans son frigo, et un acteur de porno, qui tourne dans des films deux étages plus bas, et qui va prendre ses bains sur les toits des buildings, dans des réservoirs d'eau de pluie.

Pas de mots, ou très peu, mais des images, superbes, des regards qui en disent long, des sons, des bruits, et des chansons, genre comédies musicales (mais en moins cul-cul la praline), tout à fait désopilantes. La pastèque est là, présente mais sans plus, comme pour donner un fil conducteur. Elle est là comme élément sensuel (vous avez déjà embrassé langoureusement une pastèque, la tête enfournée dans votre frigo ?), sexuel (le premier cuni de pastèque de l'histoire du porno et du ciné tout court !), ou tout simplement rafraîchissant (et un jus de pastèque, un !). Et puis en toile de fond, il y a ce problème de flotte. Chacun se débrouille comme il peut. L'acteur porno, après une scéne dans du jus de pastèque justement, aimerait bien se prendre une bonne douche. Mais non, pas d'eau. Dommage ! Personne ne s'énerve, on vit au ralentit (sauf l'acteur de porno qui doit toujours être au top de sa forme !), comme si on attendait que ça passe... Il y a aussi ces tournages de films pornos, sur la toile de fond. Mais entre le coup de la pastèque et celui de la bouteille percée pour simulée une scène sous la douche, dans laquelle ne coule plus une goutte d'eau depuis belle lurette, on se marre plus qu'autre chose. Seule la scène finale, longue et brutale est un peu à contre-courant par rapport au reste et m'a quelque peu laissé dubitatif. Tout comme les critiques dont j'avais lu le laïus. Quoiqu'il en soit, ce film reste une superbe « comédie musicale juteuse et fruitée »...

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Guillaume 11/01/2006 22:47

A Paris, bien sur, a Toulouse aussi, mais egalement a Aix-en-Provence, a Caen, ou j'ai passe de folles nuit dans les salles obscures, et puis meme a Gap. Y'a qu'en Italie que les cinema d'art et essai ne passent pas les films en version originale... Guillaume