La double vie de Véronique

Publié le par Guillaume

Il est comme ça des films dont on ne se lasse pas. Je regarde régulièrement la trilogie Bleu, Blanc, Rouge de Kieslowski, que j'avais vu au cinéma lors de sa sortie, et que j'avais instantanément adoré, et dont je possède désormais les DVD(1). La double vie de Véronique, je ne l'avais vu qu'une seule fois, au cinéma, si mes souvenirs sont exacts, il y a bien longtemps. Quelle ne fut pas ma surprise de croiser des affiches de ce film, depuis quelque temps, dans le métro ! Un rapide coup d'œil sur l'internet omniscient m'annonce qu'il se joue dans une seule salle en France, que cette salle est à Paris, à deux pas de mon lieu de travail, qui plus est. Ainsi fut fait : je suis allé revoir ce film qui avait laissé des traces confuses mais plutôt agréables dans mon souvenir.

Je suis resté sans voix devant un tel chef-d'œuvre, proprement scotché dans mon fauteuil. J'avais oublié à quel point ce film est sublime. Difficilement racontable, l'histoire d'une Weronica polonaise qui vit à Cracovie, et s'effondre sur scène au cours de son premier récital, foudroyée par un problème cardiaque. Aussitôt, une Véronique, française, sosie de la première, ressent comme un manque au plus profond d'elle-même. Elle va malgré tout quérir et cueillir l'amour que son double polonais n'a pas eu le temps de découvrir. Tout est dans l'image, sublime, comme seul Kieslowski parvient à nous en montrer, la bande son, extraordinaire, comme Preisner, musicien attitré de Kieslowski, sait si bien faire. D'ailleurs, j'avais relégué le disque dans un coin poussiéreux de ma discothèque, et depuis, il tourne à plein régime sur ma platine !

L'innocence et la candeur de ces deux personnages interprétés par Irène Jacob, que l'on retrouvera dans Rouge, aussi jolie que souriante, apportent un peu de fraîcheur dans un paysage cinématographique pas toujours rose ces derniers temps. Faut dire qu'après les deux, certes excellents, mais néanmoins particulièrement pessimistes, Lord of war, et The constant gardener, je revenais de loin !


(1) Coffret DVD acheté en Italie, et donc films sous-titrés en italien. Ce n'est pas vraiment un problème pour Bleu ou Rouge, mais Blanc qui a été tourné en polonais, les sous-titres italiens, bof, bof... M'enfin... Sur le coup, je n'avais pas fait gaffe !

Publié dans cinéma

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merens 18/04/2006 16:50

bon, maintenant que j'ai vu ce film.. le meilleur commentaire que je puisse faire est de te "voler" ton commentaire sur Syriana..
je cite :
"Je suis allé voir ce film ...J'ai le sentiment d'avoir passé une bonne soirée, je ne me suis pas ennuyé, mais il faut que je me rende à l'évidence : je n'ai absolument rien compris au film... Je me suis laissé bercé par les images, ...... J'ai quand même vaguement saisi la trame....Il y a des films qui n'ont pas vraiment de sens, seulement un pur côté esthétique. ...." fin de citation
la seule différence avec toi et Syriana, c'est que moi, dans la double vie de Véronique, j'ai compris le titre !! :-)
un point sur lequel je suis d'accord.. la musique est exceptionnelle...

c_b 02/03/2006 20:09

très agréable cette nouvelle couleur, c'est +chaleureux 

merens 01/03/2006 16:30

ca me fait d'autant plus regretter d'avoir dû travailler le jour où j'étais censé le voir, ce film.. grrrrr!!!!

civetta 01/03/2006 12:11

je partage completement. j'ai aussi le BO, cette musique est une pure merveille... Faudra que je le revoie, ce film.