L'âge d'or des sciences arabes

Publié le par Guillaume

Hier, dimanche, je me suis enfin décidé à aller visiter cette expo dont les affiches me font de l'œil chaque jour que je vais travailler à Jussieu, juste à côté de l'IMA, l'Institut du Monde Arabe. Un week-end à Paris, une fois n'est pas coutume, l'approche de la date de clôture, il fallait me décider. Ainsi fut fait.

Beaucoup de monde. Je m'y attendais vaguement. Mais l'expo n'est pas faite pour accueillir des foules. Tout est plutôt placé de manière intimiste. Les vidéos sont dans des recoins, limitant ainsi au maximum le nombre de spectateurs simultanés. Pas mal de vieux manuscrits exposés, superbes ; ceux que j'ai préféré étant ceux de médecine avec des dessins d'humains écorchés vifs, avec intestins ou réseau sanguin ; la femme enceinte aussi... Quelques objets, astrolabes, sphères armillaires en astronomie, outils de chirurgie en médecine. Une partie sur la relation entre sciences et arts.

Je m'attendais à y passer deux heures et me faire virer à la fermeture, il n'en fut rien, la visite, tranquille, a duré un peu plus d'une heure. Un peu frustré, au final, de n'avoir pu bénéficier d'un peu plus d'explications : par exemple, à quoi sert un astrolabe, comment ça marche ? Situation des manuscripts dans leur contexte... etc. Et puis, le sentiment que finalement pendant leur âge d'or, entre le VIème siècle et le 16ème siècle, les sciences arabes n'ont fait que recopier ce qui se faisait de part et d'autre de leur empire, à l'ouest ou à l'est, ainsi qu'avant, par les grecs en l'occurrence. Certes ils ont amélioré, classifié, ordonné ce qui existait, mais sans découverte vraiment majeure, ni réelle avancée de leur part dans aucun domaine. En tout cas c'est globalement ce que j'ai retenu... On apprend même qu'ils n'ont pas inventé le zéro, mais qu'ils l'ont piqué aux indiens. Bref, je m'attendais à trouver une floraison de découvertes, d'avancées, mais non, rien, ou si peu. Pourtant j'ai des souvenirs de mathématiques arabes, par exemple, de théorèmes aux noms arabes, mais non, rien de tel ne transpire de l'expo...

Je suis complètement profane en la matière, mais je ne peux pas croire qu'en une dizaine de siècles, une telle civilisation, aussi développée et étendue sur le plan géographique n'ai pas participé à l'élan scientifique global de manière plus intense...

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Guillaume 16/11/2006 22:24

Tu es bien plus erudit que moi sur la question. Je me suis trouve un petit livre a lire sur la question, car cette expo m'avait laisse sur ma faim. Il prend la poussiere sur la pile. Je vais tacher de le depoussierer !Ceci etant, meme si la civilisation arabe n'a pas fait de grandes percees scientifiques, peut-etre que sans eux, nombre de decouvertes n'auraient pas diffuser assez vite, et d'autres se seraient perdues, retardant d'autant l'avancee de la connaissance ?

Merlin le zététicien 11/11/2006 16:48

Je m'y prends un peu tard car c'est un peu au hasard d'une recherche que j'ai trouvé ton commentaire dans le blog de Civetta.Je suis entièrement d'accord avec toi : quand une civilisation et ses savants - qui d'ailleurs à 80 % n'étaient pas Arabes mais Persans, Juifs,  Ouzbecks ou Amazighs (je veux dire Berbères) - ne font que copier les découvertes des civilisations sur lesquelles ils ont juste fait des conquêtes territoriales, il leur manque des racines et l'arbre s'étiole rapidement. C'est ce qui s'est passé dès le XIIIème siècle, avec un fin irréversible après la "Reconquista" en 1492.C'est exactement comme un étudiant qui n'a comme seule pratique que de recopier sur son voisin : il ne va pas loin ! ;o((Ma contribution était là :http://www.memetics-story.com/article-1569593.html