Christophe Moulin : SoloS

Publié le par Guillaume

Tout a commencé il y a quelques mois, quand je suis tombé sur la liste des conférences des éditions Transboréal. Là, entre deux sujets exotiques, y'avait Christophe Moulin qui devait parler des « émotions de l'alpinisme en solitaire ». Mais qui est ce Christophe Moulin ? Un alpiniste, assurément ! Mais encore ? Le nom me disait confusément quelquechose... Oui, c'est ça, un bouquin récemment paru aux éditions Guérin : « SoloS » que j'avais vaguement vu trainer sur les présentoirs des librairies. Je n'ai pas tardé, je suis allé me payer l'ouvrage en question, et je l'ai lu dans la foulée.

Un livre autobiographique, qui raconte les exploits en montagne de l'alpiniste Christophe Moulin, mais pas seulement. Il raconte aussi ses amis, comment il en est arrivé là, etc, etc. Bref, la vie d'un alpiniste. Certes. Mais cette fois-ci, on se régale à le lire, parce que le bonhomme n'est pas dénué d'humour et surtout d'autodérision, ce petit ingrédient (trop) souvent absent chez cette race de primates qui erre dans la verticalité. Il évoque surtout ses escalades en solo, enchaînements de grandes faces nords en hiver (c'est bien plus drôle) principalement dans son terrain de jeux favori, l'Oisans. Mais, et c'est là encore assez rare dans un livre de montagne, il nous parle de son rapport avec lui-même dans ses ascensions. En fait il s'agit ici plutôt d'une véritable souffrance intérieure, comme si aller faire le zouave tout seul en hiver sur la face nord de la Meije devait le libérer de quelquechose. De fait, pendant huit années il a enchaîné les trucs de fou, solitaires hivernales, jusqu'au jour où il s'est senti calmé, apaisé. Il s'est alors retourné vers ses contemporains avec une joie de vivre exacerbée. Désormais il vit du plaisir d'être en montagne et d'enseigner son art avec son groupe de jeunes de la FFME.

Si j'ai aimé ce bouquin, c'est peut-être un peu aussi parce que Moulin a grandit là où moi-même j'ai grandit, dans les Hautes-Alpes, à Embrun. Il évoque des lieux et places qui trouvent une certaine résonnance chez moi. Des personnes aussi que je connais. Jérôme Blanc-Gras en l'occurrence, on était au lycée ensemble, presque. Pas potes pour autant, mais je le connais un peu. Et puis j'ai suivi ses exploits dans le magazine Vertical. Il est guide, maintenant, et fait des trucs de folie en base-jump. Je l'ai revu l'été dernier lors d'un stage d'alpinisme à la Bérarde.

Un matin de février, tandis que je me rendais à mon boulot en métro et en bouquinant ces « SoloS », une jeune fille assise juste en face de moi m'interpelle en me disant : « c'est mon oncle qui a écrit ça ! » Un peu interloqué, je n'ai pas su quoi répondre sur le coup, si ce n'est quelques banalités du genre : « Vraiment ? C'est rigolo, le monde est petit... Blablabla... « Elle m'a demandé si ça me plaisait, je lui ai répondu que oui, beaucoup, je lui ai demandé si elle l'avait lu, elle m'a dit qu'elle était en train. Et puis la station est arrivée, elle est descendue aussi, et nos chemins ont divergé devant la sortie. On fait parfois de ces rencontres, dans le métro !

Et le 9 mars, c'était la conférence Transboréal. Christophe Moulin avait ressorti quelques images de sa vie d'alpiniste pour l'occasion, et nous les a commentés. Ensuite, Sylvain Tesson, un voyageur au long cours que je découvrais pour l'occasion, qui avait lu minutieusement son livre, fut chargé de le passer « à la moulinette ! ». De fait, ce fut un véritable interrogatoire en règle ! Après quoi, le public fut invité à questionner l'arpenteur de parois. Évidemment, il y avait dans la salle comble, quelque casse-pied qui s'imaginait que Christophe Moulin pouvait nous éclairer sur les motivations profondes d'un Jean-Christophe Lafaille ou d'un Patrick Bérhault à aller braver la mort comme ça, sur des trucs pas possibles. Et de la trouver, la mort, aussi, malheureusement. Mais non, chacun a ses propres motivations, qui ne sont pas toujours très claires pour soi-même. Alors de là à expliquer celles des autres... Et puis pourquoi vouloir toujours tout savoir sur tout : il y a des choses qui sont comme ça. Point barre. Mais c'est qu'il insistait, le bougre !

Après la conférence j'ai attendu un peu, j'aurais bien voulu discuter un peu avec le conférencier, mais je n'ai pu lui toucher que deux mots, entre deux dédicaces de bouquins... Une bien belle conférence, en tout cas ! Et je ne peux que recommander la lecture de son livre...

Publié dans montagne

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Guillaume 25/03/2006 13:25

Alors la, je n'en sais rien. Les Poussin c'est le truc "Africa Trek", non ? J'ai vu leurs bouquins, mais je n'ai pas lu, c'est bien ? Ca doit etre le meme genre, Tesson et Poussin, faire des grandes balades, et mettre ca par ecrit au retour. Alors, surement qu'ils se connaissent...

civetta 24/03/2006 20:41

oui, entendu parler de Sylvain Tesson.. il est copain avec les Poussin, is not it?