Les aventures d'un haut-alpin à la capitale, entre montagnes et cataclysmes extra-galactiques. Avec toutes sortes de réflexions impertinentes entre les deux. Et au-delà.
Bonne lecture...
Je précise que toutes les photos présentées sur ce site sont originales et par là même non libres de droit. Prière de me demander avant de les utiliser.
L'Autre Monde ou États et Empires de la Lune (1657), Savinien de Cyrano de Bergerac
La Lune, satellite naturel de notre planète et qui orne ses nuits de ses délicats croissants ou de sa face pleine enjouée, a toujours été l'objet de rituels et de croyances diverses et variées. Croyances qui ne sont que le reflet de la méconnaissance des phénomènes : l'imaginaire est puissant ! Croyances qui ne devraient donc plus avoir cours à l'époque actuelle, compte tenu des connaissances que nous avons de la nature qui nous entoure, et pourtant, et pourtant... Combien de revues et de livres de jardinage publient et conseillent de jardiner en fonction des phases de la Lune ? Combien de personnes croient qu'il y a plus de naissances les jours de pleine Lune ? Combien pensent que la Lune a une quelconque influence sur le temps qu'il va faire ? Et les coups de Lune ? À diverses reprises ne m'a-t-on pas assuré que le linge pâlissait sous l'effet du rayonnement lunaire ? Même les chevaux pourraient se prendre des « coups de Lune » !
Bref, il est temps de démystifier un peu tout ça. Avec les progrès des instruments d'observation astronomiques, on a pu se rendre compte assez vite que la figure souriante de la Lune que l'on peut se prendre à imaginer parfois, dans la clareté de certaines nuits, dans la poésie de l'instant, n'était rien d'autre qu'une juxtaposition de chaînes de montagnes et de vastes dépressions appelées mers, mais qui ne contiennent pas d'eau pour autant, n'en déplaise aux Dupondt. La visite de sondes automatiques et même d'astronautes dans les années 70 coupa court au mythe d'une hypothétique civilisation sélénique.
Tintin, On a marché sur la Lune (1954), Hergé
Il est étrange de constater que ce mythe d'une Lune habitée n'a désormais plus court, et qu'il fut balayé seulement récemment, il y a quelques décennies, tandis que celui qui veut que la Lune aide la montée de la sève dans les végétaux perdure, alors que la loi de la gravitation qui permet d'y mettre un terme a été formulé il y a trois siècles ! Certaines croyances ont la vie dure...
La Lune et les femmes
Certains voient une influence de la Lune sur la vie de l'homme simplement parce que la période de gestation humaine est d'environ neuf mois, ce qui correspond à environ neuf lunaisons : normal, car notre calendrier moderne dérive d'un ancien calendrier basé sur les phases de la Lune (notre satellite se retrouve dans la même phase tous les 29.53 jours, c'est la période de révolution synodique de la Lune). La Lune n'a donc rien à voir avec la période de gestation de la femme, elle n'est qu'à l'origine d'une unité de mesure du temps... Même chose pour ceux qui prétendent voir une origine lunaire dans le cycle menstruel de la femme, qui est en moyenne de 28 jours, que l'on s'empresse d'associer aux 29.53 jours que dure une lunaison. Sauf que le cycle de la femme peut varier de 24 à 35 jours, et que 28 ce n'est pas 29.53. René Siffointe, dans un article dans l'astronomie (vol. 112, nov-déc 1998) rajoute : « Associer les femmes à des sacs de ciment (en moyenne, la masse d'une femme est proche de celle d'un sac de ciment de 50 kg) est aussi sage qu'associer son cycle menstruel à celui de la Lune, uniquement sur une coïncidence approximative des durées. » Mais il est vrai que nombre de coïncidences numérologiques sont à l'origine de nombre de croyances toutes plus infondées les unes que les autres.
Quant à la croyance fréquemment rencontrée que le nombre de naissances serait plus important au moment de la pleine Lune, il est aisé de lui tordre le cou : il suffit de regarder s'il existe une correspondance entre les deux. Ce qu'ont fait nombre d'auteurs, en particulier des américains qui ont utilisé une base de 50 millions de naissances. Résultat, pas de corrélation statistiquement significative...
Une marée dans un verre d'eau ?
En fait la Lune a bel et bien un effet sur la Terre. Pline l'Ancien (23-79 après J.-C.), déjà, expliquait le phénomène des marées océaniques par l'influence de la Lune et du Soleil. Mais il fallu attendre Newton en 1687 et sa loi de la gravitation universelle pour avoir les fondements de l'explication... Car le ballet de la Lune autour de la Terre rythme la vie du bord de mer, de par son influence gravitationnelle sur les masses liquides des océans.
Le phénomène des marées s'explique par le fait que la force d'attraction gravitationnelle dépend de la distance à laquelle elle s'applique. Ainsi la force exercée par la Lune sur la Terre est plus intense du côté de la Terre le plus proche de la Lune. Se créée de cette manière une force différentielle de part et d'autre de la planète, suffisamment intense pour faire se déplacer les masses liquides. Cette « attraction » différentielle dépend de la distance de l'astre attracteur, la Lune dans ce cas, et de la taille de l'objet sur lequel s'exerce cette force, à savoir la Terre(1). Elle existe de manière symétrique des deux côtés de l'objet, et quand elle s'applique à un astre fluide (comme les mers et océans sur Terre), elle engendre la création d'un bourrelet, allongement symétrique orienté dans la direction de la Lune. Ce qui explique les deux marées par jour sur Terre (la Terre tourne sur elle-même en 24 heures, et c'est un peu comme si elle"glissait" à l'intérieur de ce bourrelet fabriqué par la Lune, qui elle bouge peu dans le ciel sur une période de 24 heures). Plus la taille de l'objet est grande, plus la force de marée sera importante. La taille de la Terre est environ de 12 800 km, les marées océaniques soulèvent la surface des océans d'environ un mètre en pleine mer (hauteur qui peut atteindre 15 à 20 mètres près des côtes par suite d'effets de résonnance avec le fond marin plus proche), il existe également des marées terrestres qui soulèvent périodiquement le sol sous nos pieds d'une trentaine de centimètres : c'est un phénomène global qui affecte un continent dans son ensemble, c'est pourquoi nous ne nous en rendons pas compte (d'ailleurs en pleine mer on ne rend pas compte non plus des marées...). Les marées existent car les océans sont de grande taille, tout comme les continents. Il existe des marées visibles sur les plus grands lacs également. Un lac de plusieurs centaines de kilomètres (comme le lac Baïkal, par exemple, 636 kilomètres sur 48) verra sa surface se soulever de quelques centimètres. Une flaque d'un mètre, verra sa surface se soulever de quelques millièmes de millimètres. Quant à la marée dans un verre d'eau, elle est de l'ordre de grandeur d'un tapis d'une centaine de molécules... Autant dire, pas grand chose !
Donc la Lune ne peut pas être responsable de la montée de la sève dans les plantes (dont la taille varie de quelques centimètres à quelques dizaines de mètres pour les arbres, ce qui génère une force de marée bien trop faible pour faire grimper la sève et de fait pour avoir quelque effet que ce soit sur la croissance de la plante) ! Jardiner soi-disant avec la Lune n'a donc aucun sens, si ce n'est faire vendre livres et autres calendriers, dont les auteurs charlatans exploitent la crédulité des pauvres jardiniers qui tentent désespérément de faire rougir leurs tomates, et qui, finalement (ou pas) s'en remettent à la Lune... Erreur, elle ne peut absolument rien pour eux !
Car ce qui fait monter la sève dans les plantes c'est grosso modo la dépression créée par la transpiration folliaire, c'est-à-dire l'évaporation de l'eau par les feuilles. Cette dépression, avec l'aide de la cohésion des molécules d'eau entre elles, entraîne l'ascension de la sève brute dans la plante ; elle peut être suffisamment importante pour apporter de l'eau à des hauteurs vertigineuses de plusieurs dizaines de mètres, dans le cas des arbres les plus hauts.
Séléné rayonne...
Contrairement au Soleil qui émet la lumière qu'il produit, la Lune se contente de nous réfléchir celle de ce dernier. Comme elle ne possède pas d'atmosphère, elle est aussi réfléchissante qu'une route asphaltée, n'en déplaise à la belle déesse Séléné. La quantité de lumière qui nous parvient de notre satellite est environ un cinq cent millième (1/500 000) fois celle du Soleil(2). Et ce dans le cas de la pleine Lune. L'éclairement maximal alors fournit est de deux milliwatts par mètre carré (2 mW/m2).
Or l'éclairement minimal pour que photosynthèse se fasse(3) (processus photochimique qui concerne la quasi-totalité des plantes cultivées, se faisant par l'intermédiaire de la chlorophylle, une substance verte qui ne se trouve pas seulement dans les chewing-gums), est de 20 à 50 W/m2, soit 10 000 fois plus que l'éclairement maximal que peut procurer la Lune (lorsqu'elle est pleine) ! Ce n'est donc pas l'éclairage de la Lune qui peut faire pousser quoi que ce soit sur Terre...
Bronzage lunaire !
Les romantiques qui se baladent au clair de Lune peuvent-ils se prendre un coup de Lune ? Chacun sait désormais que ce sont les rayons ultraviolets (UV) qui interagissent avec l'épiderme pour donner soit du bronzage qui n'est autre qu'une réation de défense de l'organisme contre son invisible agresseur, soit un coup de Soleil, en cas d'exposition et d'intensité trop importante, c'est-à-dire une brûlure de la peau. Un indice UV a été mis en place par différentes organisations internationales pour sensibiliser les baigneurs solaires du risque qu'ils ou elles encourent. Il s'agit d'une pondération entre le spectre ultraviolet du Soleil (intensité plus importante à plus grande longueur d'onde - UV-B) et celui qui est nocif pour la peau (surtout à petite longueur d'onde - UV-A) : en résumé, peu de rayons ultraviolets de courte longueur d'onde est aussi nocif que beaucoup de grande longueur d'onde. Pour les indices 1 et 2 de l'échelle, qui va au-delà de 10, aucune protection n'est nécessaire. L'intensité correspondante de la lumière ultraviolette est de 25 mW/m2 (indice 1) et 50 mW/m2 (indice 2). En hiver, en France, l'indice ne dépasse pas le niveau 1, tandis qu'il peut grimper jusqu'à 7/8 en été... Il varie beaucoup avec la réverbération, la couverture nuageuse, l'altitude, etc. Dans le cas des niveaux 1/2, il faudrait rester très très longtemps au Soleil pour ne serait-ce que bronzer légèrement... Mais souvent il fait alors bien trop froid pour ce faire ! L'intensité correspondant à un indice fort, disons 10, est environ de 250 mW/m2. L'intensité du rayonnement ultraviolet de la pleine Lune correspondant est toujours environ 500 000 fois plus faible, l'albedo (pouvoir de réflexion) de la Lune à ces longueurs d'onde étant à peu près le même que dans les longueurs d'onde visibles. Ce qui donne, au mieux, 0.5 μW/m2 de lumière ultraviolette, soit un indice UV de 0.00002, à peu près... Pas de quoi fouetter une chouette, les amoureux peuvent poursuivent leurs errances noctambules tranquillement, sans pour autant devoir se badigeonner de crème lunaire !
Que l'on cesse donc de nous baratiner avec ce linge qui se prendrait des coups de Lune, ces chevaux qui se réveillent au petit matin des nuits de pleine Lune le museau grillé, et autres sornettes du même acabit...
Lycanthropie et cie
Les phases de la Lune influencent-elles le comportement de notre espèce ? N'ayant aucune compétence en sociologie ou en psychologie, je me garderais bien de répondre. Un site américain essaye de faire le bilan des études existantes entre comportement (aggressions, suicides, accidents, etc.) et les phases de la Lune. À part le nombre de crimes qui est significativement plus élevé pendant la pleine Lune (normal, à ce moment-là, on y voit quand même mieux la nuit), aucune corrélation n'est trouvée... Quant au mythique loup-garou, bah, il faut bien encore alimenter l'industrie du cinéma, non ?
Conclusion
Donc en guise de conclusion : les effets de la Lune sur nous et notre planète peuvent avoir deux sources. Soit l'attraction gravitationnelle de notre satellite, qui provoque les marées, ce soulèvement des masses océaniques à intervalle régulier, mais seulement sur des étendues importantes, car c'est la différence d'attraction qui joue un rôle. Donc aucun effet à nos petites échelle de la vie courante. Soit la lumière lunaire, dont on a vu qu'elle n'est qu'un pâle reflet du rayonnement solaire, sans incidence sur les plantes, ou notre bronzage.
Néanmoins, la Lune pourrait avoir une influence sur le climat terrestre, à cause des marées qu'elle provoque dans l'atmosphère, déplacements d'airs qui créent dépressions et vents. Cependant l'effet est complètement négligeable par rapport aux autres phénomènes qui régulent le climat. Elle peut aussi avoir une influence, de par sa lumière, certes faiblarde, mais existante et nocturne, sur le cycle de reproduction de certains animaux, notamment certains vers marins.
Enfin, last but not least, la Lune a eu une influence cruciale pour la Terre et surtout pour la vie que se trouve à sa surface. En effet, le couple de forces induit par les effets de marée que son attraction gravitationnelle exerce sur notre planète stabilise l'angle de rotation de cette dernière avec son plan de révolution autour du Soleil (cet angle s'appelle l'obliquité et est responsable des saisons) dans le temps. Axe de rotation, qui, sans la Lune, jouerait donc au yo-yo avec des conséquences dramatiques sur le climat, et, autant dire, l'impossibilité d'abriter quelquechose d'aussi fragile que la vie.
Voilà. Bien entendu, chacun et chacune peut bien croire ce qu'il ou elle veut. Tout au moins par chez nous, dans nos pays où la liberté de pensée est élevée au rang des vertus de la société. Encore que je doute qu'une seule société dans le monde oblige ses membres à planter ses tomates à la Lune rousse (d'ailleurs je n'ai jamais compris ce que pouvait bien être cette fameuse Lune rousse !), sous peine de... Quoique, sait-on jamais : l'imagination humaine est souvent sans limite ! Je me permets seulement ici de donner quelques éléments rationnels qui évitent de penser n'importe quoi, et surtout de se faire embobiner par ces charlatans qui profitent de la crédulité populaire pour s'enrichir... Réfléchir à deux fois avant de tout gober !
Notes
(1) Pour les matheux, la différence d'attraction (par unité de masse) est de 2 GMLuneL/D3Objet-Lune où G est la constante de Gravitation, MLune la masse de la Lune, L la taille de l'objet, et DObjet-Lune la distance de l'objet à la Lune.
(2) Là encore, pour les amateurs d'équations et autres délices du même acabit, voici comment ça marche : le Soleil émet une puissance lumineuse (que les astronomes appellent luminosité) d'environ 4·1026 W. À la distance de la Lune (ou de la Terre), l'éclairement résultant est de 1360 W/m2 (constante solaire), obtenus en divisant la luminosité totale par la surface de la sphère centrée sur le Soleil et passant par la Lune (de rayon la distance Soleil-Terre, soit 150 millions de km), soit 4·π·D2Terre-Lune = 4·π·(150·109)2. Pour obtenir la puissance lumineuse captée par la surface de la Lune il suffit de multiplier la constante solaire par la surface du disque lunaire, soit π R2Lune = π·17372. On obtient 1.3· 1016 W. Qui vont être réfléchis par diffusion dans la moitié de l'espace qui se trouve autour de la face éclairée, avec un albedo (sorte de rendement de la réflection d'une surface diffusive) d'environ 10 %, et un facteur d'environ 2 (j'avoue que l'origine de ce facteur « 2 » ne m'est pas d'une grande clareté - si quelque lecteur passant en ce lieu à la clef du mystère, je serais ravi d'être éclairé !) lié au fait que la diffusion se fait préférentiellement dans l'axe de la lumière incidante ; dans tout ça on va recevoir sur Terre une fraction de ce rayonnement, en divisant ce qui précède par la surface de la demi-sphère centrée sur la Lune et de rayon la distance Terre-Lune (380 000 km) et en multipliant par le coefficiant de transmission de l'atmosphère (67 %), soit : 1.3· 1016 · 0.1 · 2 · 0.67 / (2· π · D2Terre-Lune) = 2 mW/m2. Facile, n'est-il pas ? Avec un éclairement solaire incident à la surface de la Terre d'environ 1 kW/m2, on obtient bien une valeur de l'éclairement lunaire lors de la pleine Lune 500 000 fois plus faible.
(3) En fait il s'agit de l'éclairement minimum pour arriver au point dit de compensation qui correspond au moment où l'oxygène rejeté par photolyse de l'eau, équilibre l'oxygène absorbé par la respiration. La photosynthèse proprement dite commence avant cet équilibre. Mais une plante peut-elle vivre en-deçà de celui-ci ?
Pour les plantes par exemple si tu relie ton article avec un esprit critique (scientifique) tu t'apercevra que tu pratique le racourcie logique.
a ce propos en a tu une d'explication pour la monté de la sève ?
Pour avoir passé du temps dans des maternités, entre autre lors de la pleine lune en plein boom, je me rappel avoir discuté avec les sages femmes qui constatait chaque moi que les coups de bour était très souvent en même temps que la plaine lune.
Mais ce n'est pas scientifique !-)
Je ne sais pas trop ce que tu entends par "raccourci logique" a propos de ma disgression sur les plantes ? Ceci etant, la science est souvent logique dans ses explications rationnelles ! Quoiqu'il en soit, je voulais dire que le Lune ne pouvait faire pousser les planter ni par son attraction ni par sa lumiere, et donc jardiner avec la Lune n'a aucun sens... D'ailleurs ma mere l'a demontre dans jardin, elle qui plante quand elle peut et de fait surtout "quand il ne faut pas parce que la Lune n'est pas comme il faut", et obtient des brouettes de legumes superbes !
Quant a la montee de la seve, c'est l'evaporation de l'eau par les feuilles (transpiration) qui creer une depression dans les vaisseaux qui apportent la seve, lui permettant de grimper par capillarite. Grosso modo.
Et oui, les fameuses sages-femmes vehiculent cette fameuse croyance que le nombre de naissance augmente les jours de pleine Lune. Mais quand on regarde de plus pres, on s'apercoit qu'il n'en est rien. L'explication vient peut-etre d'une memoire selective, mais la ca touche le comportement humain et mes competences s'arretent.
http://udppc.asso.fr/auvergne/article84.html
http://www.onf.fr/doc/bt/bt37.htm
toute science et explication rationnelle entendue, en attendant, les coups de lune sur les chevaux (des brulures comme des coups de soleil), ça existe, je l'ai vu de mes yeux vu.. un cheval avec un ladre blanc (ie une tache blanche sur le front, dont la peau est rose dessous au lieu d'être noire), nickel le samedi soir, brulé le dimanche matin.. et si les propriétaires des chevaux à ladre mettent de la crème solaire sur leur chevaux.. je ne pense pas que ce soit par croyance populaire depuis des siècles, mais bien parce qu'ils en ont assez de soigner leur chevaux pendant 15 jours après les coups de lune !!
ceci dit, je ne sais pas l'expliquer, mais faudrait que je regarde ce qu'en pense très sérieusement mes gros bouquins vétérinaires...
tout ça pour dire ... bel article !!
Bonjour,
Je me permet de vous écrire pour que vous m'expliquiez le phénomène du bronzage lunaire.
Je m'explique: Vous dites qu'il faut arrêter de vous baratiner avec le linge qui prend des coups de Lune, etc...
Cependant il est vrai que ce phénomène arrive!
J'ai moi meme eut du linge noir qui est passé!
il n'est pas devenu gris, biensur, mais il a changé de teinte...
Auriez vous une explication?
Merci d'avance
Cordialement
Matthieu
Le Lune ne fait que refleter la lumiere solaire attenuee d'un facteur 500 000, donc la Pleine Lune a elle seule ne peut pas faire "passer" les couleurs du linge. Ou alors il faudrait laisser celui-ci expose a la Pleine Lune pendant un demi-million d'annees !!
Guillaume
Pour ce qui est de l'effet de maree de la Lune, ils ont mis le doigt sur le parametre essentiel, c'est-a-dire la taille de l'objet qui subit les effets de maree. Le site "Charlatans" met en exergue la masse de l'objet subissant les effets de maree comme etant la grandeur essentielle : "L'effet des marées est la conséquence de la force gravitationnelle lunaire mais celle-ci produit ses effets sur Terre uniquement sur des objets dont la masse est très importante comme les océans ou la croûte terrestre, alors que cette force gravitationnelle lunaire est nulle sur des objets aussi minuscules que peuvent l'être les êtres humains ou les animaux. On peut d'ailleurs constater que les mers fermées (donc plus petites que les grands océans) n'ont pas de marées (ou insignifiantes) malgré leur surface et leur masse autrement plus importante que celle d'un individu." Or il n'est est rien : si la Terre avait la meme masse, mais la taille d'un ballon de foot, les mers ne subiraient pas d'effet de maree observable. C'est la difference (gradient) d'attraction gravitationnelle entre deux points qui provoque la force de maree. La taille de l'objet subissant la maree (mer, ocean...) est donc essentielle.
Par ailleurs il existe bel et bien des marees sur les grands lacs terrestres, meme si leur observation est rendue difficile par l'interference avec d'autres phenomenes d'amplitudes plus importantes : sur les Grands Lacs Americains, sur le Lac Constance...
Comme le remarquent vos eleves, on peut difficilement comparer la force de maree provoquee par la Lune sur la femme en train d'accoucher, avec la force de maree provoquee par le medecin accoucheur, puisque dans ce dernier cas, la taille du liquide amiotique n'est plus negligeable devant la distance entre la femme et le medecin...
Il faut donc faire tres attention a ce qu'on lit, meme sur le web - a fortiori sur le web ! - et garder un esprit critique vis-a-vis de tout ca !
Ca m'a toujours surpris qu'une force uniquement attractive puisse engendrer une force répulsive ou attractive selon que l'on soit d'un côté ou l'autre de la Terre...
Je n'arrive pas à imaginer comment la lune peut déformer, uniquement par les forces de marée, les océans autrement qu'en forme d'oeuf (donc un seul bourrelet). Forme d'oeuf que la lune possède aussi au passage...
Le système Terre-Lune effectue un mouvement de rotation autour de son centre de gravité, donc la Terre est soumise à une force centrifuge qui est exactement opposée à la force d'attraction de la Lune sur le centre de la Terre. Cette force centrifuge est la même sur l'ensemble de la Terre, celle-ci étant un corps rigide qui se déplace en translation autour du centre de gravité commun. En revanche la force d'attraction de la Lune sur la Terre varie en fonction de la distance entre le point de la Terre que l'on considère à la Lune : le point de la surface terrestre dirigée vers notre satellite subira de sa part une force gravitationnelle plus intense que le centre de la Terre, qui lui-même subira une attraction plus intense que la surface de la planète qui se trouve à l'opposé du satellite. La résultante des forces (somme vectorielle) ne sera ainsi nulle seulement au centre de la Terre. Sur la surface la plus proche de la Lune, une force résiduelle subsiste ainsi, dirigée vers la Lune. Du côté opposé, la force résiduelle est dirigée du côté opposé de la Lune.
Donc tout va bien, la gravitation reste attractive, c'est seulement le jeu de la rotation de la Terre autour du point fictif qu'est le centre de gravité du système Terre-Lune, qui donne naissance à une nouvelle force, centrifuge ; la résultante de tout ça est « la force de marée » terrestre.
La force de marée en elle-même existe sans qu'il y ait rotation. Elle est dû à la différence d'attraction (le gradient) de la Lune de part et d'autre de la Terre. Si le système Terre-Lune était statique, la surface liquide de la Terre (les océans), aurait effectivement une forme d'« œuf » ou de goutte d'eau dirigée vers la Lune : il n'y aurait qu'une seule marée par jour.
Mais puisque le système Terre-Lune tourne, la force de marée est symétrique de part et d'autre de la Terre, dirigée à l'opposé du centre de la planète, donc elle « tire » les particules d'eau dont sont constitués les océans, provoquant deux bourrelets symétriques. Ces deux bourrelets, en première approximation, restent
fixes et la Terre tourne en 24h à l'intérieur. Donc un point de la surface de la Terre verra passer les deux bourrelets au cours d'une même journée. D'où les deux marées par jour. La surface solide de la Terre subit exactement le même phénomène, mais dans une moindre mesure.
A priori, la Lune subit le même sort, mais dans une moindre mesure, puisque son diamètre est quatre fois plus petit que celui de la Terre... Donc la Lune ne subit pas de déformation asymétrique, mais
symétrique, au même titre que la Terre.
Dans votre article vous parlez justement de marée terrestre, c'est à dire de déformation (soulèvement de l’écorce) au passage de la lune. Ce phénomène commence à peine à être étudié (par la marine nationale, je me rappelle un documentaire télé sur Quiberon si mes souvenirs sont bons) Alors comment se combine l'action sur l'eau et sur l'écorce terrestre? Le problème n'est pas de prendre des coups de lune mais de connaître les différents types d'ondes liées aux forces gravitationnelles. Quel est l'effet de la force de gravitation lunaire et de ses possibles ondes sur la circulation capillaire sur les eaux souterraines. Nous savons des phénomènes de marées lacustres, les mascarets des rivières; l'étude des marées s'était pour l'instant contentée du côté utilitariste lié à la marine. Mais je vais vous donner un exemple de recherche qui peut faire réfléchir: le 26 décembre 2004 le terrible Tsunami de Phuket, ce jour là une pleine lune de déclinaison +28° (maximum). a t'elle agit comme un puissant levier sur une des lignes de faille au contact de deux plaques de l'écorce terrestre, la mer ne faisant que traduire la fantastique puissance de cet évènement sous marin. Toute l'année 2005 a été marquée par de terribles coups de boutoir, des tremblements de terre d'un puissance rarement atTeinte. Personne ne peut encore répondre, mais il serait nécessaire d'étudier tout cela et notamment pour les volcans et l’action gravitationnelle de la lune sur les chambres magmatiques. Croire ou ne pas croire là n'est pas la question. Commencer à savoir, c’est trouver le savon! puisque que barbe bien savonnée est déjà à moitié rasée.
Vous avez parfaitement raison : les marées terrestres, c'est-à-dire la déformation de la croûte terrestre sous les effets de marée pourraient être corrélées aux séismes majeurs. Je ne suis pas spécialiste du domaine, mais les forces de marée sont responsables du volcanisme sur le satellite de Jupiter Io, certes elles sont bien plus intenses que sur Terre, puisque la déformation de la surface de Io atteint une centaine de mètre, contre environ 40 cm sur Terre. Il est donc tout à fait possible que la Lune ait une influence sur les séismes.
Quelques références sur le sujet : http://homepage.oma.be/mvc/tremblem.htm
Si un jour j'arrive à récupérer ce papier : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2676754
Merci Guillaume pour ta réponse et tes références précieuses très difficiles à trouver. Un paragraphe de l'étude sur les marées terrestres de l'Oservatoire Royal de Belgique m'a particulièrement paru signifiant:
Marées terrestres et gravimètres : On l’ignore souvent, mais deux fois par jour, la croûte terrestre monte et descend d’une quarantaine de centimètres à cause de l’attraction dela Lune et du Soleil, au même titre que la mer et les océans. Ces déformations, minimes par rapport au rayon terrestre de 6378 km , correspondent aux marées terrestres. Même s’il étonne souvent, ce phénomène est connu depuis longtemps. Déjà, les Romains avaient remarqué que le débit des sources changeait en fonction des heures de la journée, sous l’action des dilatations cubiques de la croûte terrestre. Par ailleurs, comme chacun le sait, les océans, mais aussi l’atmosphère sont également affectés par les forces de marées. En raison de la forme et des dimensions des bassins océaniques, et des déplacements des masses d’eau, ces phénomènes sont extrêmement complexes. Les marées terrestres et océaniques sont cependant très liées : par exemple, le poids des masses d’eau en mouvement sur le fond des mers engendre une déformation de la croûte terrestre qui se prolongeen pleine terre. A Bruxelles, par exemple, des 40 cm de marées terrestres, 2 cm seraient imputables aux effets océaniques, et ce phénomène atteint 20 cm à l’extrémité des Cornouailles."
Je vais essayer de retrouver les références de la recherche d'eau dans l'histoire naturelle de Pline l'ancien pour commenter ce passage sur le savoir des romains et je mettrai ces références en ligne sur ce forum
à bientôt Pasquali
Pline histoire naturelle livre 2
C. [1] Il y a cependant des marées particulières en certains lieux: ainsi le flux vient plusieurs fois dans le détroit de Messine à Tauromenium ( III, 14), et sept fois le jour et la nuit dans l'Euripe, auprès de l'Eubée (IV, 21) La marée est au plus bas pendant trois jours dans le mois, au septième, au huitième, au neuvième jour de la lune. A Cadix, la fontaine proche du temple d'Hercule, laquelle est renfermée dans une espèce de puits, augmente et diminue, tantôt en même temps que l'Océan, tantôt à des époques opposées.[2] Dans le même lieu, une autre fontaine s'accorde avec les mouvements de l'Océan. Sur le bord du fleuve Bétis est une ville dont les puits diminuent à la mer montante, augmentent à la mer descendante, et sont immobiles dans l'intervalle. Dans la ville d'Hispalis un seul puits offre ce phénomène; les autres n'ont rien de particulier. Le Pont- Euxin s'écoule toujours dansla Propontide , mais le flot ne se reporte jamais dans le Pont-Euxin.
Voilà ce que dit Pline au chapitre 100 du Livre 2 de son histoire naturelle.
il serait intéressant de vérifier
Pasquali
Encore merci. Pour la vérification, je laisse le soin à quelque lecteur voyageur...
Pasquali