Changement d'adresse

Publié le par Guillaume

Dans le désert cinématographique actuel, je viens d'aller voir une perle. Après un mois de mai traditionnellement foisonnant - Cannes oblige -, juin est toujours un peu tristoune, prélude d'un été bien frais. Peu de bons films à se mettre devant les mirettes. Loin de moi l'idée que la fête du cinéma y serait pour quelquechose !

Et voilà t'y pas que mercredi matin, sur France Inter, dans eclectik, Rebecca Manzoni reçoit Emmanuel Mouret qui vient présenter son dernier film, « Changement d'adresse ». J'écoute d'une oreille distraite, comme à mon habitude, mais ne peux m'empêcher de tiquer sur les quelques extraits de dialogues, truculents, qui nous sont donnés en pâture. Voilà un petit film bien de chez nous qui m'a l'air bien sympathique. Je jete un coup d'œil sur Première, qui a bien voulut lui consacré trois lignes et un timide « ** ». Ce journal n'est plus ce qu'il était... Si toutefois il l'a été... Télérama mettant ses critiques en ligne, je m'empresse d'aller jeter un coup d'œil, la moyenne Télérama-Première correspondant assez bien à mes goûts, d'habitude. Le film est dans leur liste des meilleurs récents... Et Ô miracle, il se trouve qu'il se joue cette semaine au ciné d'Orsay, à deux pas de chez moi, donc ! Ce week-end étant parisien, je me suis offert un ciné pour fêter l'été.

Ce que j'aime au ciné d'Orsay, outre le prix modeste, et la programmation de qualité, c'est le court-métrage en première partie ; le seul ciné que je connaisse qui fasse ça. Là, nous avons eu droit à « Mezzogiorno », de Hugo Boris, belle adaptation d'une nouvelle de Maupassant, rencontre en noir et blanc, d'un ouvrier et d'une nourrice sur les bancs d'un train à vapeur dans la région parisienne. La soirée commençait bien !

Aussitôt, le long métrage d'Emmanuel Mouret enchaîne. Et c'est tout de suite un ravissement. Des dialogues pétillants, des acteurs qui campent des personnages à côté de leurs pompes. Le réalisateur tient aussi le rôle principal, il est épatant en professeur de cor qui partage un appart (sans murs !) en collocation avec une blonde exubérante et tombe amoureux de sa jeune élève. Pas vraiment de suspense, on subodore la fin dès le début dans ce chassé-croisé sentimental , mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel gravite autour de ces trois personnages, qui sont essentiellement deux, de leurs dialogues et de leurs mimiques et de leurs problèmes de cœur respectifs. Les sentiments des uns et des autres n'est qu'un prétexte. Une joyeuse comédie de mœurs légères ; d'aucuns voient déjà en Mouret un Rohmer (en fait c'est vachement mieux que Rohmer) ou un Woody à la française... Moi j'ai surtout vu là un excellent film rafraîchissant, dont je suis ressorti tout guilleret. Avec l'immense plaisir d'avoir découvert un réalisateur-acteur qui me plaît beaucoup beaucoup. J'ai hâte de voir ses premiers films !

Publié dans cinéma

Commenter cet article

a-yin 25/06/2006 00:52

Grande lectrice de manga, je ne dirais rien sur ce que j'ai lu de ce que tu penses de ce médium mais... si tu as aimé Taniguchi avec la montagne, tu peux te pencher sur K où on a encore un alpiniste. K est édité par Kana, comme Le sommet des dieux et vient de sortir récemment.