Un permis pour le Mont-Blanc ?

Publié le par Guillaume

Le maire de la commune de Saint-Gervais, au pied du massif du Mont-Blanc a proposé, fin août 2006, la création d'une taxe ou d'un permis pour gravir le Mont-Blanc. L'idée est de limiter l'affluence sur cette montagne à l'équilibre fragile, où près de 30 000 personnes (et moi, et moi, et moi !) tentent l'ascension chaque année, principalement entre mai et septembre. Les refuges ont un peu de mal à gérer tout ce monde, et les secours tournent sans arrêt avec 800 appels et 30 interventions par jour !

Limiter l'affluence, pourquoi pas, mais faire une sélection par l'argent je trouve ça... petit ! Enfin, c'est pas complètement désintéréssé comme proposition, mais si monsieur le maire de Saint-Gervais veut limiter l'accés au Mont Blanc, il n'a qu'à démonter le téléphérique de l'aiguille du Midi, les rails du Tramway du Mont Blanc, et pendant qu'on y est le train du Montenvers. Là, ça limitera pas mal l'affluence et donc l'impact sur l'écosystème (mais ça ne remplira pas ses poches, c'est certain) ! Parce que payer pour aller en montagne, euh, ben non. Faut pas déconner quand même. Taxer l'un des derniers havres de liberté que nous ayons...

Ça me rappelle les États-Unis. Quand j'étais en Californie, j'ai bien entendu eu envie d'aller balader sur le plus haut sommet des États-Unis continentaux : le Mont Whitney (4421 m), dans la Sierra Nevada, pas très très loin de là où j'étais. Sauf que. Sauf que pour ce faire il faut un permit, payant, que l'on demande à l'avance. Au moins six mois à l'avance ! Avec des quotas. Quand y'a plus de place, y'a plus de place. Et si le temps est pourri le fameux week-end prévu six mois à l'avance (au mieux), ben tant pis... Du coup, je n'ai pas creusé plus avant, j'ai changé d'idée. Je ne suis pas allé voir la vue du sommet du Mont Whitney.

Je le vois bien, là, le planton en train de se peler au pied de l'arête des Bosses, à poinçonner avec application les petits tickets du défilé d'alpinistes... La porte du Mont Blanc est ouverte, y'a encore de la place. Pour combien de temps ?

Mountain Wilderness répond à cette proposition. Et demande la suppression de tout câble et artifices, de cesser une publicité tapageuse, et enfin que le pélerin montagnard soit quelque peu éduqué avant de s'engager là-haut !

Ceci étant, les sommets himalayens sont bien payant, eux... Mais pour d'autres raisons !

Commenter cet article