Banque italienne

Publié le par Guillaume

Ma banque. La Banca di Roma. Des voleurs (mais quelle banque ne vole pas ses clients ?), et surtout un concentré d'incompétence ! Le tout sur fond de technologie préhistorique.

Si je me suis retrouvé avec mes sous dans cette institution, c'est parce que je débarquais en pays inconnu, avec des gens qui parlaient une langue inconnu. J'ai fait confiance aux secrétaires de l'observatoire de Padoue où je venais travailler. J'ai donc ouvert un compte à cette banque pour pouvoir utiliser (dépenser, en l'occurence !) mon salaire, tout simplement parce que l'observatoire y a pris un abonnement. Ce ne fût pas une mince affaire, surtout quand on ne peut pas s'exprimer correctement, et que l'on ne comprend rien à ce que l'on nous raconte. Ainsi fût fait, malgré tout. J'avais un compte. Oui, mais pas de chéquier, ou de carte bleue, ces ustensiles, qui par chez-nous, permettent d'accéder à l'argent déposé sur le compte en question. Non, j'avais seulement le numéro de mon compte que la p'tite dame m'avait écrit sur un bout de papier déchiré sur un coin de feuille volante. J'ai fini par comprendre que si je voulais un chéquier, fallait que je fasse la queue aux guichets. Là il me suffisait de prononcer la formule magique : « libro di assegni », en donnant mon numéro de compte, et le monsieur de s'affairer sur son siège. Un carnet de chèques, d'abord c'est payant, quelques dizaines de centimes d'euros, et puis ça ne porte pas mon nom, mon adresse, non, seulement mon numéro de compte qui sera inscrit à l'aide d'une machine sortie tout droit du XIXème siècle, sorte de presse-tamponneuse, sur chacune des pages du carnet. Et voilà. Sauf que le paiement par chèque n'est pas très répandu dans ce pays. Ça ne m'a servi qu'à payer le loyer, grosso modo, c'est bien tout. Autre moyen de récupérer mon argent, c'est de faire la queue au guichet, et de retirer du liquide. En donnant seulement mon numéro de compte, inscrit sur ce bout de papier volant, je retirais tranquillement mes 300 euros. Outré que le bonhomme, qui ne me connaissait ni d'Ève ni d'Adam, ne me demande ni mon nom ni une pièce d'identité... La mafia, cette banque...

Quand même, cette situation ne pouvait durer : il me fallait une carte magnétique pour effectuer mes paiements. Et une carte de crédit internationale. Je passe en France, de temps à autre, ça peut se révéler utile. J'en ai passé des heures dans cette foutue banque à contempler l'incompétance de ses employés. Éloge de la lenteur. J'ai finalement réussi à ouvrir un compte (qui me coûte les yeux de la tête), avec lequel je peux avoir une carte Bancomat et une carte de crédit internationale. La première sert à payer dans les magasins, mais seulement en Italie. À retirer de l'argent, mais seulement dans les distributeurs de la banque, sinon, c'est payant. Et seulement pendant les heures d'ouverture de la banque, sinon c'est payant. Tout ça sachant qu'il n'y a qu'une seule Banca di Roma à Padoue, qu'elle se trouve à l'opposée de la ville par rapport à mon lieu de résidence et à mon lieu de travail. J'ai donc pris l'habitude de faire des expéditions périodiques à l'unique distributeur de la banque pour y prélever le maximum que je peux. Un jour, il était en panne. C'était un samedi, donc la banque fermée, pfffff... Parfois je paye le fait de tomber en dehors des heures d'ouvertures (tomber pendant les heures d'ouverture relève de toute façon du tour de force). Bref, je me suis résigné à payer. La seconde, carte de crédit internationale, fût plus difficile à obtenir. Quand j'ai demandé ça à l'employée (incompétante) qui, par malheur, s'occupe souvent de moi, j'ai eu l'impression de lui demander la Lune. Ça se lisait sur son visage. Une carte de crédit ! Il veut une carte de crédit ! Il a fallu qu'elle s'en réfère au directeur de l'établissement bancaire : elle a, de fait, disparu un certain temps dans les profondeurs (enfin, les hauteurs plutôt, le bureau du directeur, je l'imagine plus dans les hauteurs qu'à la cave...), avant de reparaître avec l'approbation du faîte. Faut dire qu'à l'époque j'avais quelques sous sur mon compte, déjà. Ça aide, indéniablement. Il a fallu ensuite compter plusieurs semaines avant de recevoir la-dite carte.

Ce fût une carte Visa. Plusieurs mois après, un de ses collègues m'a proposé une toute nouvelle Mastercard, m'assurant que ça me reviendrait moins cher. Bon, pourquoi pas. Après tout, s'il y a moyen d'éviter d'enrichir les banquiers, je fonce. Je me suis ainsi retrouvé avec deux cartes de crédit. Qui ne me servaient qu'à l'étranger, à savoir en France, essentiellement.

Je passerais sur les autres longues heures passées dans cette banque, pour activer la consultation de mon compte sur internet, pour me faire payer un « service » censé rendre sûr les paiements sur internet (qui a marché quelques temps, mais qui ne marche plus...), pour faire en sorte que les quinze mille factures que je reçois périodiquement (eau, gaz, téléphone, etc), ainsi que mon loyer, soient automatiquement payées par virements...

Ces jours-ci, je suis à Paris. Je voulais en profiter pour acheter un peu de matos de montagne au Vieux Campeur pour le Pakistan. Et que se passe-t-il ? Mes deux cartes de crédit refusent toute lecture (carte illisible !)... Pas moyen de payer avec ! Je suis vert ! J'ai tout mon fric en Italie, et je ne peux pas y toucher ! Je ne peux même pas retirer du liquide... Résultat j'utilise ma carte française (quand même la technologie française, hein...), qui est en train de vider un compte pas bien plein, pour cause de stand-by... Je suppose que les bandes magnétiques de mes cartes italiennes ont eu un peu chaud ces derniers temps. J'espère. J'espère que le problème n'est pas plus grave... Va falloir que je fasse une expédition punitive à ma banque dès mon retour à Padoue. Ça me fatique d'avance rien que d'y penser... Parfois je rêve de la plastiquer... Si quelqu'un a quelque ami corse bien placé...

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Guillaume 05/07/2005 18:33

Civetta : Ti credo! Ma racconto questa sul l'Italia, ma posso anche raccontare un sacco di roba sull'america o anche la Francia... Altri paesi dove ho vissuto!

Stephanie : je n'en demande pas tant... Faire mal aux gens, bof, bof... Non, je pensais plutot plastiquer le batiment vide, de nuit. A la mode Corse :-)

Mireille : bah, je sais que tout un chacun a ses petits problemes. Mais en parler ici-bas et tourner la chose en derision, ben, ca permet d'eviter de les plastiquer, justement !

lionel des anges 03/07/2005 20:32

ah! les banques
cordialement
lionel des anges

mireille 30/06/2005 09:01

Vous avez essayé la langue des signes ou le dessin ?

Votre histoire est tellement "vraie" : on sent que c'est du vécu.

En Belgique, nous avons la Poste et les Contributions pour nous détende ...

Courage : vous n'etes pas seul

Stéphanie 28/06/2005 01:36

non désolée je n'ai pas d'ami corse. a la limite, je peux venir leur casser la gueule ?

civetta 26/06/2005 20:54

Mi vergogno per l'Italia... raccontaci il seguito di quella brutta storia. Una mia collega che urla "corpo di una balena!" ogni volta che le raccontano di cose questo genere sull'Italia avrebbe già avuto il collasso leggendoti...