Au moins, les skis ont pris l'air...

Publié le par Guillaume

Samedi 20 janvier 2007

Bramans, 1227 m, un petit patelin à l'est de Modane, samedi 20 janvier 2007, 8h43. Après un petit déjeuner collectif à Modane, le car-couchette nous dépose au bord de la route à côté d'une décharge de carcasses. L'endroit est charmant, mais nous le quittons en vitesse, après avoir enfiler les skis sur le sac. Pas une once de neige aux alentours. Nous traversons le village sous les yeux équarquillés des quelques autochtones que nous croisons ainsi de bon matin. S'ensuivent plus de deux heures de marche sur le bitume, sur une route cadenassée dès la sortie du village, vers le refuge du Suffet accessible seulement à pieds. Au moins, nous y serons tranquille, sans autres âmes qui vivent que les notres. Nous finissons par chausser les skis sur une route verglacée qui nous amène au hameau du Planay. Un grand plat de plus de trois kilomètres, fatal à la voûte plantaire des pieds de Cécile, qui s'échauffent à la limite du supportable sous les assauts répétés de quelque frottement intempestif. Une tentative pour contenir l'ampoule naissante échoue. Nous arrivons au refuge avec un certain retard sur le reste du groupe. Notre chef Éric décide de nous laisser en plan et de poursuivre la course avec les autres. Cécile décide d'en rester là. Moi, entre les deux, mon cœur balance...

Je lui laisse la bouffe, ma paire de baskets, le sac de pansements et la carte du coin. Puis je pars sur les traces du groupe qui me précède d'une bonne demi-heure. Je n'ai plus la carte, mais j'y ai jeté un (rapide) coup d'œil avant de partir. Traverser le torrent sur un pont à gauche, puis grimper sur un ressaut de quatre cents mètres par un sentier au-dessus duquel se trouve le col du Petit Mont Cenis. La route qui remonte ce fond de vallée est recouverte d'une couche de neige dure qui n'imprime pas les traces de mes prédécésseurs. Je trouve bien un pont, mais au-delà, nulle trace de skieur. Je ne sais pas par où ils sont passés, monter plus haut par la route ne m'enchante guère, je crains de me fourvoyer. Le Col du Petit Cenis est là-haut, il me suffit d'y aller pour les rejoindre. Le ressaut est plein de barres rocheuses, mais avec un peu de chance, ça passe. Et puis dans tous les cas, je vais m'amuser un peu à bûcheronner là-dedans. On verra bien. Je continue. Et à peine ai-je mis les skis sur le sac, prêt à grimper droit dans la pente, après tout, tant qu'il y a des arbres, c'est que ça passe, que je tombe sur un chemin. Qui monte. Donc je le suis. Et hop, je tombe sur un croisement et des pancartes, à droite le col du Petit Mont Cenis, à gauche même chose par le « sentier des militaires », balisé en bleu. Malgré mon antimilitarisme latent, la deuxième option me séduit tout de suite. Le sentier louvoye dans la forêt puis au pied des barres sur une pente bien raide. Il est sec, et grimpe efficacement. Je suis un peu énervé d'avoir abandonné Cécile, de cette course de merde où l'on a plus souvent les skis sur le sac qu'aux pieds. Bref, je passe ma colère dans une bonne suée, et ça marche. Mes ruminations s'envolent avec la sueur. Je suppose que mes compagnons sont sur un autre chemin, un peu à droite. Parfois il me semble même entendre des voix. Je me garde bien de gueuler un bon coup — au cas où ils m'entendraient ! —, je les retrouverais sûrement sur le plateau après le col, vu l'avance qu'ils ont !

Je débouche bientôt sereinement quatre cents mètres plus haut, sur une vaste étendue vallonnée qui s'étend au nord-est du col du Petit Mont Cenis. Pas de traces. L'idée de poireauter dans l'hypothèse où les autres sont derrière m'effleure à peine. Je poursuis vers l'objectif affiché du groupe, le col de Sollières. Col qui doit se trouver au fond du vallon à gauche, après les barres, si mes souvenirs cartographiques sont exacts. La neige est recouverte d'une croûte de regel, résultat des épisodes de pluie de ces derniers jours. Le paysage est peu incliné, vallonné. Je suis tout seul. Je ne sais pas où sont passés les autres. Soit ils sont derrière, soit ils sont allés ailleurs. Peu importe, je suis bien dans cette solitude immense, dans ce vaste vallon d'une désolante platitude. Décidement, ce foutu pays est bien plat ! Je poursuis droit devant, vers là où j'imagine se trouver le col, au-delà de je ne sais combien de collines. Le paysage est superbe. Devant, à droite, une belle pente surmontée par des barres et un sommet me fait de l'œil : elle est très tentante cette belle pente ! Et puis je lorgne des couloirs ci et là, qui pourraient bien être accessibles depuis le sommet de cette pyramide (la suite me confirma que accessible, peut-être, mais certainement un peu trop « extrême » à mon goût !), ou depuis cette épaule de neige, que j'aperçois sous le sommet, sur l'arête. J'irais bien voir tout ça d'un peu plus près !

Du plat, du plat, toujours du plat. Heureusement, le terrain est sinueux, le vent a sculpté la neige en belles ondulations, et superbes corniches, virgules qui pendouillent ça et là, en étendant leurs ombres grandissantes dans l'après-midi naissant. J'approche du col. Le manteau neigeux n'est plus qu'une vaste patinoire : 2600 mètres, il a manifestement plu jusque là. Le vent aura fait le reste. Heureusement que c'est tout plat (!!), sinon il me faudrait sortir les crampons pour avancer ! Les quelques brins d'herbes qui émergent de quelques croupes dégarnies sont entourés d'une gangue de glace qui a le mérite de les protéger du vent qui souffle par intermittence. Le col est en vue. J'avais vaguement l'espérance que mes compagnons fantômes aient emprunté un autre itinéraire, joué à cache-cache entre combes et croupes qui sculptent le paysage ambiant, mais maintenant que les chemins convergent, pas de marques d'un passage humain récent. Seules des traces de ski gelées vont droit au col. Un dernier doute subsiste, peut-être me suis-je gourré, et ce col n'est pas celui que je crois être. Après tout, seules des bribes de souvenirs de la carte ont guidé mes pas. Mais ce doute est vite balayé, le col est hérissé de pancartes en tout genre, y compris celle qui m'indique que je suis bien au col de Sollières, 2639 m. Personne. Il est 14h30. Tout le monde serait-il perdu sauf moi ? Ce qui serait paradoxal, car eux ont la carte, moi pas ! La montagne est immense et je suis tout seul. Un sentiment de bien-être m'envahit malgré quelques douleurs aux pieds, résultats des frottements insidieux qui ont doucement œuvré à la montée ; et c'est pas mal, la solitude dans les grands espaces !

Je vais me poser quelques minutes sur une touffe d'herbe, pour avaler quelques poignées de fruits secs. Puis je remis pour la nième fois les skis sur le sac, et j'entame la lente ascension de l'arête ouest qui mène au fameux sommet lorgné tout le long de la balade. Le Signal du Petit Mont Cenis, me dira la carte plus tard. Je pensais en avoir pour une heure à atteindre l'arête faitière. Ce fut sans compter d'une part sur ce que j'avais déjà dans les pattes, mais aussi sur le terrain dans lequel j'évoluais désormais. Un chemin parcourt cette crête, mais il est jonché de congères profondes, qu'il est de plus en plus difficile d'éviter. Je reste au plus près du fil, je jete des regards scrutateurs vers la plaine immaculée qui brille sous le Soleil, voir si, par hasard, quelques ombres ne démasqueraient pas un petit groupe de randonneurs que j'ai perdu de vu depuis quelques heures... Mais non, rien que le reflet du Soleil et le souffle du vent. Je suis bel et bien tout seul. J'ai perdu mon groupe. Ça me rappelle mes débuts à ski de montagne en club, c'était au Club Alpino Italiano. À chacune des sorties, je ne pouvais m'empêcher de larguer mon groupe, qui, en général n'avançait pas. Je partais ainsi devant, comme si de rien était, faisant l'innocent étonné quand quelque instructeur venait à s'enquérir du reste de mon groupe auprès de moi : « Guillaume, dov'è il tuo gruppo? » . Je ne dois pas être fait pour ces sorties calibrées de club. Si encore j'avais quelque pouvoir décisionnel sur la destination et l'organisation. Mais non, au GUMS, c'est assez unilatéral. Le « res' » (que je ne suis pas) décide, le « cores' » (que je suis) est là pour faire beau, au cas où. C'est comme ça. Ça m'énerve, mais ça reste néanmoins un des meilleurs moyens de partir en montagne depuis Paris, ce club. Alors, il faut se plier aux règles. Un peu de discipline pour pouvoir accéder aux grands espaces.

Je dépasse une croix, plantée là en l'honneur d'un lieutenant tombé dans les parages avec ses hommes en 1945. La face nord-ouest, à gauche de cette arête, n'est pas très raide, mais elle manque drastiquement de neige, le peu qu'il y a est sous forme de congères au milieu des cailloux. Il me semble impossible de chausser les skis. De plus, je n'ai que moyennement confiance dans la stabilité des quelques champs de neige qui plaquent la-dite pente. Donc je poursuis sur mon arête qui surplombe des barres au sud, entre brassage dans les congères et escalade facile pour m'en échapper, du brassage !

J'avance doucement, trop doucement par rapport au Soleil qui lui, incline inexorablement sa course vers l'horizon. Je croise un couloir qui descend entre les barres, au sud. Un départ trop raide, une neige qui me semble plaquée avec une partie verglacée, et surtout l'impossibilité de voir si ça débouche, en bas, me font vaguement hésiter, puis je continue, finalement. Le sommet est encore loin. Je suis à peine à la moitié de l'arête. Je ne sais pas trop quoi faire. Petit à petit je me fais à l'idée qu'il ne serait pas raisonnable d'aller en haut coûte que coûte. Je décide de poursuivre encore un peu, jusqu'à 16h, puis de rebrousser chemin. L'idée de redescendre à pieds par où je suis venu ne m'enchante pas plus que ça. J'envisage de descendre un peu sur la face nord, puis de tenter de chausser plus bas, où il y a un peu plus de neige, pour rejoindre le versant nord du col de Sollières.

Et tandis que je cogitais ainsi, devant moi s'ouvre un petit couloir, qui débouche visiblement sur la belle pente de neige convoité plus bas... Le menu est assez alléchant. Même si j'ai un peu les chocottes de m'engager dans une pente somme toute assez raide tout seul, c'est décidé, je vais voir. L'amertume de louper le sommet se transforme en exitation d'être tombé sur cette échappatoire inattendue. Je suis à 2950 mètres. Le sommet culmine à 3162 m, j'estimais qu'il m'aurait fallu encore une heure pour y parvenir. Heure que je n'avais pas. La suite me confirma que mon choix fut le bon.

J'enlève les peaux et vérifie mes skis qui m'ont déjà, par le passé, fait la désagréable surprise de déchausser dès le premier virage ; mes fixations vieillissent... Là, il vaudrait mieux pas que ça arrive, la neige est dure et gelée, et en bas, y'a des barres ! Je n'ai absolument aucune crainte sur la stabilité de la neige. D'abord orienté sud, le couloir rejoint une épaule, qui donne clairement sur les pentes ensoleillées au sud-ouest. Seul un petit goulet m'est invisible depuis mon perchoir. Mais au pire, si par hasard ça ne passait pas, il me serait facile de remonter. Donc, tout est sous contrôle. Je me lance. La neige tient bon. Ça passe impec'. Le goulet, raide et plus étroit, je le descends en dérapages, ne tentons pas le diable. Ensuite, c'est le régal du week-end ! Une belle et vaste pente de neige revenue sous le Soleil printanier de janvier. Elle démarre vers 35-40 degrés, pour petit à petit tendre vers 20-25 degrés. Trois cents mètres de descente royale ! Le bas est pourri, une neige humide profonde, complètement inhabituelle à cette altitude et à cette époque. Peu importe, ce fut un véritable plaisir, et heureusement, parce que le reste de la descente qui m'attend, ça va être du poussé sur les bâtons et du portage. En bas de la pente, je m'aperçois que j'ai oublié de resserrer mes chaussures et qu'elles sont toujours en position montée... Étourdi, va !

Je traverse la vaste plaine qui s'étend sous le côté sud du col de Sollières. Dans mon dos, les derniers rayons du Soleil illuminent la face sur laquelle je viens de graver quelques courbes éphémères de superbes couleurs orangées. Je rentre définitivement dans l'ombre de la Pointe de Bellecombe, pour poursuivre ma traversée vaguement descendante vers le Col du Petit Mont Cenis. Et peu avant d'arriver au col, je retrouve ma trace de montée, mais elle n'est plus toute seule ! Des skieurs sont descendus à ses côtés laissant leur empreinte dans la neige. Je crois bien que j'ai retrouvé la trace de mes compagnons évaporés ! Peut-être sont-ils allés au col, finalement, ils ont sûrement traversé la plaine pendant que je bataillais dans quelque congère sur mon arête... Je décide de suivre leurs traces pour la descente. Ils sont montés au col bien plus à droite que moi, et vu de loin, y'a plus de neige par chez eux que par chez moi. Mais assez rapidement je commence à regretter cette décision. Le chemin hésite, part à l'horizontale, remonte, puis finalement descend, mais il y a alors trop de cailloux, il me faut déchausser. Le sentier n'est pas sec pour autant, la pente est toujours raide, et c'est un peu galère. Enfin moins que ce qu'ils ont dû endurer pour monter là-dedans ! Je descends assez vite, l'avantage de la neige sur le sentier c'est que l'on n'est obligé de se concentrer sur l'endroit où poser les pieds, ça descend (presque) tout seul !

Le fond de la vallée s'approche petit à petit, et tandis que je commençais à en voir la fin, j'entends nettement des voix. Cette fois, je ne rêve pas. En effet, ils sont là, en train de rechausser les skis pour descendre les deux kilomètres de route enneigée qui mènent au refuge. Je les ai enfin retrouvés ! Et j'ai aussi l'explication : ils ont fait le col de Bellecombe, faute de temps, à gauche du col de Sollières... D'où les traces au début et pas après...

La route s'enfile en peu de temps, et bientôt, nous arrivons au refuge. Il fait quasiment nuit : timing impeccable ! Refuge où nous attend Cécile, qui a quand même pu allée se balader. Elle a pris le chemin du col du Petit Mont Cenis et est allée jusqu'en haut. En baskets...

Pas d'électricité au refuge, mais un poêle ronronnant à notre arrivée, et une Cécile en train de s'enfiler un bout de saucisson à la lueur d'une bougie. De l'eau chauffe. La soirée se passe autour de la table dans la douce chaleur rayonnée par le poêle. Le goûter se transforme petit à petit, au gré des discussions à bâtons rompus, en dîner, du thé nous en venons à la soupe Royco dont la saveur n'a d'égal que les efforts que nous avons fourni aujourd'hui, puis Patrick se retrouve préposé cuisinier. Une purée au jambon et au beurre, d'une incroyable compacité est avalée tranquillement. Et puis fromage, et dessert, un gâteau norvégien ? finlandais ?, bref aux amandes, super bon, et pour finir, des congolais, huit en tout, un chacun. Un tour dehors découvre une voûte céleste incroyablement brillante. Orion, sablier culbuté, se détache sur la ligne noir du versant de la vallée qui nous domine au sud. Il fait une douceur inhabituelle.

Après un dernier bol de tisane, vaincu par les kilomètres de marche et de portage, par une nuit peu réparatrice en car ou en minibus, nous allons nous coucher.

Dimanche 21 janvier 2007

Réveil à 6h15. Après un petit-déjeuner à la hauteur du dîner de la veille, gargantuesque, chacun s'affaire et se prépare pour le départ. Comme prévu, le ciel est couvert, mais il ne tombe rien. Pour l'instant. Au menu, encore du plat (quand y'en a plus, y'en a encore), pour aller chatouiller les pieds du col d'Étache tout au fond du vallon du même nom. Comme il n'y a pas de neige, seule solution, monter sur la route, seul serpent de neige ou glace fréquentable à cette altitude. Le départ s'effectue véritablement à l'intersection 500 mètres en aval du refuge. Et là, tandis que l'on laisse les choses inutiles dans un coin, à reprendre au retour, que l'on met les peaux, je me rends compte que j'ai oublié le casse-croûte de la journée au refuge. Comme il est hors de question d'abandonner une tablette de chocolat et du pain au noix fait maison, j'y retourne. Pendant ce temps, tout le monde part. Ce petit aller-retour me coûte vingt bonnes minutes de pénalité, et des peaux trempées dans les flaques d'eau qui jonchent la glace sur la route. J'attaque finalement à monter sur la route.

Cécile s'en est allée avec le reste de la troupe. Elle est partie à pieds, les skis sur le dos. Ça fait moins mal aux pieds. Au bout de quatre kilomètres, je les rejoins. Il s'est mis à neiger. Avec l'effort et l'humiditée de l'air, je suis trempé. La route s'arrête, il reste un kilomètre de plat montant pour atteindre le fond du vallon. Cécile s'arrête et enfile les peaux sur ses skis. Personne n'a pris la peine de l'attendre. M'enfin. Je reste avec elle, nous suivons tranquillement les traces, dans une atmosphère ouatée. Par intermittence, on aperçoit les autres, là-bas, devant. Pas si loin, finalement. Ils attaquent la pente qui mène au col. Nous y arrivons peu après. La trace zigue-zague dans les petits buissons, quand elle pourrait éviter d'abîmer une végétation qui ne nous a rien fait. Il suffit de rester sur la neige ! Petit à petit, de conversion en conversion, nous prenons de l'altitude. Quand le voile se déchire l'espace d'un instant, nous apercevons nos amis, qui nous précèdent d'un quart d'heure... Je suis un peu surpris de ne pas les voir plus loin ; de les voir encore. Parfois le brouillard laisse place au Soleil, et le paysage s'illumine de sa superbe. Et puis une vague grisâtre remonte la pente à grande vitesse, son ombre galope sur la neige, pour bientôt nous engloutir à nouveau et nous boucher la vue. Ça va, ça vient. En arrivant en haut du mur nous rattrapons quasiment nos amis. Quasiment, car à peine sommes-nous en vue du groupe, là à une vingtaine de mètres, qu'ils se remettent en route ! Nicole a décidé de s'arrêter là. Du coup Cécile dont les peaux sont en train de se faire la malle, s'arrête aussi.

Je repars pour tenter de rejoindre les autres : c'est que je commence à en avoir plein les pattes à force de les rattraper ces zigotos ! En plus la fine couche de neige tombée dans la matinée s'accroche obstinément à mes basques : je trimbale inutilement, mais inexorablement, un paquet de neige sous chaque ski. Je les rejoins sans peine, et pour cause, ils sont arrêtés, Laure déclare forfait, sa tendinite à la cheville se réveille. Il est tard. Midi. Le col est encore à deux cents mètres. Je me disais que compte tenu de notre rendez-vous avec le car à Bramans à 17h20, de toute la descente qui nous attend, faire demi-tour entre midi et demi et une heure serait une sage décision. Col ou pas col. En attendant, il nous reste un peu de temps, alors profitons-en. Je prends les devants. Et à peine une petite bosse passée, je le vois ce col. À environ un kilomètre de là, il nous tend les bras, mais auparavant il va nous falloir affronter encore du plat, et même de la descente. Pffff, ras-le-bol de cette platitude. Foutu pays plat. Et alors que j'essaye d'éviter d'avoir à redescendre, en équilibre sur une pente raide de neige dure, le chef m'interpelle. Demi-tour. Bon. De toutes façon, ce plat, j'en ai plein les bottes, alors, autant retourner casser la croûte avec les autres, et attaquer la descente sereinement. Ce que nous faisons. Le brouillard nous gâche les quelques seules pentes de neige skiables. Le ressaut est en neige pourrie, croûtée, mais nous parvenons en bas tant bien que mal. Le kilomètre de plat s'avère plutôt descendant, donc avalé rapidement. Résultat, ben nous sommes plutôt en avance sur les prévisions !

La suite, c'est de la route, du plat, de la route, du plat, une bonne descente à fond de train sur la portion de route verglacée et pentue. Arrivés là où nous avons laissé quelques affaires, le groupe repart quand Cécile et moi arrivons. Il en sera de même à la fin de la partie en ski. Puis encore plus bas. Bref, nous jouons à l'accordéon, et finissons par rejoindre la troupe à Bramans... Bramans où le seul troquet est fermé. Ce qui ne nous empêche pas de nous attabler en terrasse, pour déguster un brownie de derrière les fagots ! Le car n'aura que vingt minutes de retard...


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Cassandre 28/01/2007 21:41

Ben toute seule, je saurais même pas par où commencer ni où aller.... ^^

Guillaume 29/01/2007 09:47

Il ne faut surtout pas partir toute seule : la montagne en hiver recele quelques dangers qu'il vaut mieux connaitre. Le mieux est de rejoindre un club qui pratique ce genre d'activite. A Paris, il y en a plusieurs, dont le mien, le GUMS : http://www.gumsparis.asso.frLe GUMS organise meme des stages de ski de randonnee ouverts aux debutants. Voir : http://www.gumsparis.asso.fr/skirando/stages_fev_mar_07.phpPour essayer une fois, tu peux aussi t'adresser a un guide de haute montagne, par exemple : http://www.odyssee-montagne.fr/list_produit.asp?id_pays=0&id_activite=23Voila... Si tu as d'autres questions, n'hesite pas a cliquer sur "contact", en haut a droite.

Cassandre 28/01/2007 10:23

Comme d'habitude, ça me donne envie d'en faire autant...Mais bon... voilà... :)

Guillaume 28/01/2007 11:26

Faut essayer, alors !

Pelic 25/01/2007 19:51

Sympathique compte rendu et jolies photos !

Guillaume 28/01/2007 11:22

Merci ! Et ton commentaire me permet de decouvrir ton site, qui figure desormais dans mes liens RSS !