Faire l'amour en microgravité ?

Publié le par Guillaume

Je suis tombé sur un article de Futura-Sciences qui fait le point sur la question : faire l'amour est-il possible dans l'espace ? Outre les problèmes liés purement à la reproduction, comme les rayonnements ionisants auxquels les astronautes, non protégés par l'atmosphère, sont continuellements soumis, il semblerait que ce ne soit pas si simple de faire l'amour en l'absence de gravité. Enfin, absence est un bien grand mot, puisque dans les véhicules spatiaux en orbite autour de la Terre, la gravité est bel et bien présente, mais le poids des objects est compensé par la force centriguge liée à la vitesse du vaisseau. D'où l'appellation de « microgravité » plutôt que d'« apesanteur », ce dernier terme étant trompeur.

La NASA, puritaine comme une américaine, n'aborde jamais la question, sauf en rougissant jusqu'aux oreilles. Elle se défend en précisant que jamais astronautes n'ont copulé en orbite. Il semblerait qu'il en soit tout autre du côté Russe, puisque une expérience avait semble-t-il été tentée de conception du premier enfant « orbital ». L'histoire ne précise pas si la femme cosmonaute — mariée par ailleurs — était ravie ou pas de ce genre d'initiative.

Toujours est-il que des harnais spéciaux ou des tunnels gonflables pour pouvoir faire l'amour dans un tel environnement auraient été étudié outre-atlantique. Parce que, effectivement, comment faire l'amour en « flottant », sans que le moindre poids ne nous colle au sol ? Ça doit être quelque peu sportif ! D'un autre point de vu, ce doit être l'occasion d'essayer des positions impossibles sur le plancher des vaches, comme le double salto-arrière avec pirouette la tête en bas, mais si, vous savez, la numéro 273 du Kama-Sutra (ils sont fort ces indiens, quand même). Toujours est-il que la terrestre et classique position du missionnaire semble être tout bonnement impossible en microgravité. Le français Pierre Kohler aborda le sujet dans un livre La Dernière Mission : Mir, l'aventure humaine, et clama que la NASA avait conduisit des expériences pour tester les meilleures positions dans l'espace, produisant même une vidéo, censurée, bien évidemment ! Pas mal d'encre semble avoir coulé à ce sujet sur la toile, la NASA démentant le tout. Une légende urbaine de plus...

Néanmoins, malgré le puritanisme de l'agence spatiale américaine, le sujet est de toute première importance, si l'Homme souhaite un jour quitté son berceau terrestre pour aller explorer ou coloniser d'autres planètes. Faire l'amour pourrait être un facteur de stabilité psychologique lors de longs voyages interplanétaires, pour aller vers Mars, par exemple, voyage risquant d'être déjà suffisamment éprouvant pour les nerfs par ailleurs... Sans parler d'une éventuellement colonisation plus lointaine, où la reproduction à bord d'un vaisseau spatiale serait le seul moyen d'assurer la perennité de l'espèce (si toutefois la vitesse lumière ou quelque moyen d'hibernation chers aux auteurs de science-fiction n'ont pas vu le jour...)

La journaliste américaine Laura Woodmansee vient de publier un bouquin sur le sujet : Sex in space, qui doit faire la lumière sur pas mal de choses — l'ont-ils fait ? D'après elle l'amour en orbite pourrait devenir un enjeu du tourisme spatial de la décennie à venir. Moi je tenterais bien ma chance (sutout pour l'orbite, hein, ne nous méprenons pas !), après tout l'ESA n'a pas recruté depuis des plombes, il va bientôt être grand temps de renouveler la troupe, alors, pourquoi pas ? Une chance sur deux mille, qu'ils avaient la dernière fois !

Et pour en revenir à nos moutons, Laura Woodmansee mentionne également les éventuels dangers d'une procréation en microgravité d'une part (Est-ce que ça peut marcher ? Y a-t-il des dangers de malformation ? Les expériences menées sur les animaux ne donnent pas particulièrement envie de tenter la chose sur des humains, il y a partout des Docteurs Folamour), et sous l'exposition aux rayons cosmiques d'autre part, qui ont une action très néfaste sur les cellules, a fortiori sur les cellules reproductives. Problèmes qui devront être résolus si, un jour, l'humanité souhaite essaimer vers d'autres planètes ou d'autres étoiles.

Bref, il semblerait que pour s'envoyer en l'air on ne soit pas mieux que les pieds sur Terre !

Publié dans grandes questions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article