L'irréel avenir du futur

Publié le par Guillaume

La soif de glisse est à l'épreuve du réchauffement climatique. Plus de neige dans les Alpes ? Un hiver 2006-2007 assez dramatique de ce point de vue-là, des prévisions particulièrement alarmanttes pour les décennies à venir ? Qu'à cela ne tienne, l'avenir des sports de neige ce sont les stations de ski enfermées sous des dômes, gigantesques boîtes de conserve, centres commerciaux de l'or blanc. La première fois que j'ai entendu parlé de ces hérésies, c'était avec Ski Dubaï, qui a ouvert ses portes fin 2005, en plein milieu de la péninsule arabique, ou comment se payer un choc thermique au beau milieu du désert ! Un dôme gigantesque de quatre-vingt mètres de haut, abritant une piste de ski, un snowpark et une piste de bobsleigh... Une lubie de pétrolier qui ne sait comment dépenser ses pétro-dollars ? Et pourtant, ça marche ! 3000 « skieurs » fréquentent la station de ski chaque jour. Un peu de fraîcheur sous les cocotiers ? La chose a de quoi énerver quand certains essayent de lutter contre un gâchis énergétique et un effet de serre galopant. Quoique apparemment ce soit moins gourmand qu'un centre commercial européen chauffé en hiver...

Au vu du succés commercial de la chose, des investisseurs aux dollars alléchés, se sont mis en tête d'étendre l'idée. Effet boule de neige. C'est ainsi que le concept commence à s'implanter en Europe. Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai, puisque les européens n'ont pas attendu que les déserteurs (??) se mettent au ski pour implanter de pareils parcs chez eux ! Les Pays-Bas, probablement frustrés d'autant de platitude s'y sont mis il y a plus de dix ans. Madrid a créé sa piste en 2003. La Belgique, autre plat pays s'il en est, va suivre de peu, tandis que les anglais, allemand et autres danois ont déjà l'habitude de ces « ski dômes ». La piste la plus longue d'Europe fait 640 mètres, à Bottrop, en Allemagne. L'heure de glisse coûte entre 20 et 30 euros. Quand je pense que les stations de ski traditionnelles font la course au kilomètre de piste. L'aberrant ne plus savoir où donner de la tête dans ce domaine...

Le monde est-il devenu fou ? Ou alors c'est moi que ne suis plus dans l'coup ? Est-ce vraiment ça l'avenir du ski ? Si tel est le cas, ce sera sans moi... La course au profit est vraiment sans limites. Transformer ainsi un sport dont le principal attrait — à mon sens — est la liberté des grands espaces, l'air pur des cîmes, les pentes raides, et la neige poudreuse « naturelle » en un jeu de quilles confiné dans une atmosphère artificielle, une piste ridiculement petite et de la neige de culture, bien évidemment, je me demande où peut bien être le plaisir ? Le pire, c'est que ça marche ! Peut-être cela fait-il classe dans les salons huppés de dire que l'on a chaussé les planches pour quelques glissades en Belgique en plein mois d'août. Au beau milieu du désert je peux éventuellement concevoir un oppressant besoin d'atmosphère rafraîssissante. Mais en Belgique ? La canicule n'a pas encore atteint nos voisins à ce point-là, me semble-t-il ?

Peut-être que nos enfants n'auront que ça pour apprécier (mais peut-on vraiment apprécier ?) les plaisirs de la glisse... Ou les enfants de nos enfants... D'ici peu, la neige aura disparu de nos montagnes... Restera la neige en boîte... Quelle tristesse !

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