Adieu neiges éternelles...

Publié le par Guillaume

Les montagnards dont je fais vaguement partie, c'est-à-dire tout au moins ces gens qui fréquentent plus ou moins la montagne, le constatent un peu plus chaque année : les glaciers fondent. Je l'ai constaté avec stupéfaction, quand j'ai vu le glacier Blanc, dans les Écrins, reculer de plus d'un demi kilomètre en une dizaine d'années. Par ailleurs, nombre d'escalades dans le massif du Mont Blanc, et ailleurs, ont gagné une sacrée longueur de corde (voire plus : à 1800 m d'altitude, la Mer de Glace a perdu 120 mètres d'épaisseur entre 1905 et 2005, soit trois bonnes longueurs !), par rapport aux anciens topos, tant le niveau des glaces a baissé de plusieurs dizaines de mètres. Longueurs pas toujours les plus faciles, car le rocher désormais à l'air libre a été poli par l'action glacière séculaire...

Les cartes IGN ne sont plus représentatives de la réalité, les larges surfaces bleutées qu'elles exhibent ici et là se sont en réalité réduites comme une peau de chagrin. J'ai pu encore le constater dimanche dernier, dans le vallon du Chardon, vers les Rouies, dans le massif de l'Oisans : sur la carte, la jonction entre le glacier du Chardon et celui des Rouies est glacière et facile, fleuve de glace tourmenté de séracs et crevasses. Aujourd'hui, le glacier supérieur, descendant des Rouies, s'est recroquevillé sur lui-même, exposant ainsi à nue la roche polie sous-jacente. Seul le rocher subsiste. Un rocher lisse comme des fesses d'un bébé, qu'il ne doit pas être évident de gravir en été, quand la neige saisonnière se retire. De fait, la course d'alpinisme vers le sommet des Rouies doit gagner quelque degré de difficulté...

Ceci étant, tout n'est pas noir, puisque des chercheurs du CNRS viennent de publier une étude montrant que les calottes glacières du Dôme du Goûter et du Mont Blanc n'ont pas perdu de masse au XXème siècle, contrairement à tous les autres glaciers à des altitudes moindres. Tout simplement parce que à plus de 4200 m d'altitude, la température reste constamment négative, et toutes les précipitations sont sous forme solide. Et pourtant, tout n'est pas rose non plus, puisque lors de l'épisode caniculaire de l'été 2003, la température là-haut, est temporairement passée au-dessus de la barre du zéro degré Celsius, provoquant un peu de fonte en surface. Comme les prévisions face au réchauffement climatique montrent que de telles canicules vont devenir monnaie courante d'ici peu, le Mont Blanc pourrait perdre de sa superbe, petit à petit. Les alpinistes de demain devront peut-être reléguer piolet-crampons dans la vitrine des musées, pour gravir le Mont Blanc en chaussons d'escalade (et en T-shirt !).

Publié dans science

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Cassandre 15/05/2007 20:57

Voilà des raisons de faire attention à notre planète si on ne veut pas tout perdre au fur et à mesure que le temps passe.... :(

Guillaume 16/05/2007 09:31

Il n'y a que de bonnes raisons de prendre soin de notre planete !!