Escalade, reprise.

Publié le par Guillaume

Nous avions décidé d'aller grimper en école samedi en fin de matinée. Fin de matinée qui s'est finalement transformée en début d'après-midi, un type de la bande bossait le matin. Nous allons à Rocca Pendice, sur les collines euganéennes, à 15 kilomètres de Padoue. Grimper sur de la roche volcanique. Une grande falaise à l'est, mais interdite aux grimpeurs en ce moment pour cause de faux con. Pardon, de faucon. Les faux con ne nichent pas au beau milieu des falaises, eux. Et de quoi faire quelques jolies moulinettes à l'ouest. Nous sommes allés à l'ouest.

Grimper... Ça fait pas mal de temps que j'hésitais. J'ai un peu grimpé adolescent, puis je suis passé au VTT. J'ai essayé de m'y remettre pendant mes années normande, sans grand succés : l'escalade en salle, bof, bof... L'année dernière, j'ai fait une voie facile à Orpierre. Un après-midi à Rocca Pendice, aussi. C'était avec Cristian. Bref, en fait, samedi fut la première fois que je m'y remettais un peu sérieusement depuis pas mal de temps. L'entourage n'y est pas pour rien ! Je savais que je pouvais compter sur eux pour m'apprendre avec patience les manœuvre de corde, et autre nœud que j'ai eu le temps d'oublier... Ou qui ne sont plus au goût du jour (comme le huit pour assurer : hop, aux oubliettes, le huit, ça vrille la corde)... Mais ça revient vite.

Reprise, donc. Avec Dani(ela), Peter, et d'autres. Dani que j'ai vu apprendre à skier en hors-piste en faisant seulement des randos. Y'a des gens comme ça, qui ont une volonté à toute épreuve. Nous ferons des voies en moulinette tout l'après-midi. Pour le moment, je me cantonne à grimper en second. Ne pas brûler les étapes. D'autant que je les ai épaté avec la première voie, que j'ai faite sans difficultés. Un 6a, paraît-il. Comment je peux être déjà dans le 6a après avoir arrêter de grimper pendant 15 ans ? Ma foi... La deuxième voie, un 6a, m'a donné un peu plus de fil à retordre, mais j'y fus plutôt à l'aise. Seule une voie de 6b, la dernière que j'ai faite m'a paru vraiment difficile. D'ailleurs, "faite" est un bien grand mot : sans être un peu tiré vers le haut par la corde je n'y serais pas arrivé : je commençais à avoir les muscles des bras tétanisés. Ça faisait un bail qu'ils n'avaient pas bossé autant ! Ma foi, au moins je ne peux que progresser, en grimpant régulièrement. Là-bas, à Rocca, tout le monde se connaît. Sauf moi, je ne connais presque personne, et presque personne ne me connaît. Mais c'est normal, c'est à peu près la première fois que j'y vais ! Chacun retrouve des amis délaissés pendant la saison hivernales, divergence d'activité oblige. Une grande famille, en somme. Grande, c'est le mot. Chaque voie est occupée. Heureusement, on ne fait pas encore la queue pour grimper !!

L'avantage de l'escalade par rapport au ski de rando ou à la marche en montagne, c'est que l'on rencontre plein de nanas. D'ailleurs le regard féminin d'en bas, n'est probablement pas complétement étranger au fait que j'ai peut-être voulu (inconsciement ?) me surpasser. D'où le 6a. Bof, un peu faiblard comme démo... N'empêche que y'a des nanas qui grimpent. Plutôt mignonnes, qui plus est. Ça motive. Quelque part. Et puis comme tout le monde se connaît, ben ce sont des amies de mes amis. Je serais sûrement amené à les revoir. Who knows...

Samedi soir. Dani disait avoir envie d'aller faire un tour de VTT le lendemain. Moi aussi, ça tombait bien. Oui, mais un pote de Milan était là. Pour grimper. Dani ne voulant pas laisser tomber ses amis, décide de suivre le mouvement et d'aller grimper. Et comme moi, malgré le fait que j'ai vu les prévisions météo, qu'il devrait pleuvoir le lendemain, que grimper sous la pluie, c'est quand même pas terrible, que je leur dis qu'il va pleuvoir, mais que c'est comme si je pissais dans un violon, ben je suis le mouvement parce que je n'ai pas envie que mes amis me laissent tomber.

Dimanche matin. À 10h, je passe prendre Dani. Il pleuvote (j'aime pas avoir raison, parfois). C'est la journée du marathon de Padoue, c'est le boxon pour ciculer en ville. Vite, s'enfuir... Je suis un peu de mauvaise humeur, parce que je me suis levé de mauvaise humeur, et que l'expectative de la journée à grimper sous la pluie n'est pas très excitante. Dire que je pourrais pédaler à cette heure, si je ne les avais pas écouté ! Bon, contre mauvaise fortune bon cœur, je me résigne. Dans la voiture, Dani qui veut rigoler en me donnant des leçons de conduite (à moi ? moi ? moi qui conduit comme un français et non comme un italien, moi qui ait toujours tous mes points sur mon permis, et ce depuis plus de dix ans...), se prend un (gentil) "Basta così"... M'enfin ! C'est vrai, je ne conduis pas à plus de 50 en ville, je ne double pas sur une ligne blanche. Mais, comme je tiens à ma peau (et accessoirement à la rectitude de ma voiture), je reste intransigeant. Non mais.

Sur ces entrefaits, nous arrivons à Lumignano sous la pluie battante. Devant l'avancée apparemment irrémédiable du rideau de pluie, un couple d'amis à rebroussé chemin, seul Max, l'ami milanais, ne nous fait pas faux-bond. Bon. C'est bien beau tout ça, mais on fait quoi maintenant ? À force de tourner en rond, la pluie finit par cesser. Bien. Allons voir le rocher, puisque nous sommes là. Nous allons voir. À peine humide, le rocher, en fait. Y'a même pas mal de monde qui grimpe, là. OK, ils sont restés à l'abri, eux, car sur (sous ? dans ?) les surplombs... Nous irons un peu à côté, hein, d'accord ? Dani discute avec tout un chacun (elle connaît tout le monde, vraiment). Lumignano c'est pas mal de petites parois disséminées ça et là dans la végétation de collines qui se trouve près de Vicenza, à une trentaine de kilomètres de Padoue.

Pendant ce temps, plutôt que de bailler aux corneilles et de nous lamenter sur notre (pauvre ?) sort, Max et moi attaquons une voie. Comme ça, là, au milieu. Pas de topo, mais à vu de nez, ça à l'air faisable ! De toute façon, ce n'est que de la moulinette, alors, on ne risque rien. Il attaque. En tête, forcément, il en faut bien un qui aille accrocher la corde, là-haut. Moi, j'assure. Pendant qu'il pédale dans un passage délicat, deux mecs débarquent et s'installent sur la voie d'à côté. Jusque là, tout va bien. Mais l'un des deux (au moins), n'est rien d'autre qu'un petit con avec une grande gueule. Le genre de bonhomme que je fuis avec la plus grande vélocité. Sauf, que là je suis attaché à cette corde. Pas moyen de m'enfuir. Heureusement, il débite ses conneries en italien, ça filtre pas mal. Mais je sens que Dani va finir par craquer. Et pour que Dani perde patience avec quelqu'un, il lui en faut. En fait je ne l'ai jamais vu perdre patience avec qui que ce soit ! Dans l'intervalle, Max renonce. J'ai envie d'y aller, moi. J'y vais. Je galère un peu, mais finalement, j'en sors. Et voilà... Après quoi, Max la refait en second. Pendant ce temps, le type d'à côté assure son pote, et... devinez quoi ? S'allume une clope ! Je reste sur le cul. En plus je suis dans le vent, et me prends tout dans la gueule ! J'ai failli lui dire. Puis, je me suis retenu. Quand on est con, on est con. Bon, après, c'est au tour de Dani de grimper. Et ensuite, nous levons le camp. Aller voir plus loin. Loin de cet abruti.

Il ne pleut pas. Il ne pleuvra pas de tout l'après-midi. C'est pas mal, d'avoir tord, des fois ! De fait, je me suis plutôt régalé. On a fait trois ou quatre autres voies. Jusqu'à ne plus pouvoir attraper une prise, les doigts tétanisés... J'avais surtout mal au cou, au final. Toujours la tête en l'air, c'est épuisant pour mes cervicales !

Mais je n'ai en fait qu'une envie, c'est de remettre ça !

Publié dans montagne

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